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6.11.08

L'amour Sous Toutes ses Formes..

Ce soir j'ai lu un Blog.
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Le blog d'une personne que je connais qui parle d'une personne que je connais. Sa soeur.
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Ce n'est pas la première fois que je lis ce blog. Ce n'est pas la première fois que cette personne parle de sa soeur.
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En fait je connais cette personne. Et sa soeur.
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Aujourd'hui je me permet de raconter une histoire racontée par moi, vécu par d'autre, vue par plusieurs personnes, connaissances ou étrangers.
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Aujourd'hui je réclame la totale liberté auquel tout blogueur devrait avoir droit. Celle du nouveau blogueur lue par personne, connu d'aucun et d'aucune, libre de ses pensées et de ses mots.
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Comme toute bonne histoire se doit de débuter par une très classique introduction, allons-y:
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Il était une fois, il y a très longtemps et récemment à la fois, une fille.
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Jeune fille? Probablement. Elle n'a jamais été vraiment jeune mais, en même temps, elle le sera probablement toute sa vie.
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Cette jeune fille je la connaissais de vue. Je la croisais souvent au collège que nous fréquentions tous deux.
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Je la connaissais d'amis communs. Plus tard je l'ai connu en tant que soeur d'un de mes amis. Mais je saute des étapes.
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Chaque fois que je croisais cette fille sympathique quoi que différente de la masse dans les corridors de notre école je n'arrivais pas à me souvenir de son nom.
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Je savais que je la connaissais. Je savais pourquoi et d'où je la connaissais. Mais son nom m'échappait, comme sans importance pour l'être profond qui vivait en moi.
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Évidemment cette fille était très intelligente. Elle savait que j'oubliais son nom et trouvait un malin plaisir à me le remettre sur le nez. Chaque fois la conversation se terminait de la même manière. " Je suis "..." et tu as encore oublié qui je suis.
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Si cela peut t'apporter un baume, je n'ai jamais oublié qui tu es. Jamais à l'époque, jamais ensuite, jamais maintenant.
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Si notre relation a débuté par quelques amis commun, nous avons été rapproché par la force des choses.
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Moi et ton frère avons développé une relation extraordinaire.
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Tout est arrivé tellement rapidement.
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Nous nous sommes rencontré dans un grand moment de faiblesse.
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Nous avions tous les deux perdu un amour par lequel nous nous définissions beaucoup. Le sien était beaucoup plus profond et ancien que le mien, mais j'étais beaucoup plus jeune et en quête de moi même.
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Sans nous comprendre, nous arrivions à nous respecter dans ce que nous vivions.
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Celà a jeté les bases de notre amitié et jamais depuis elle n'a souffert de nos différentes épreuves et expériences justement grâce à celà.
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Lorsque je suis parti pour la vieille Capitale tu commençait déjà à faire des tiennes.
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Personne ne s'en inquiétait vraiment, tu avais toujours été différente.
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Différente avec un D majuscule.
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Tu n'étais pas comme les autres mais tous et chacuns y étaient tellement habitués que personne ne s'en alarmait vraiment.
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Certes, tu étais encore humaine.
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Tu étais toujours plaisante, quoi que parfois déconcertante.
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Je t'accueillais chez moi à bras ouvert.
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Moi et ton frère, mon ami, passions nos week-end ensemble, partageant mon lit chastement, partageant nos loisirs, nos amis, notre vie.
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Et avec plaisir nous t'invitions à entrer et vivre dans notre univers.
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Tu débarquait chez moi avec lui le vendredi et, sachant ta différence, nous te respections.
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Tu ne voulais pas sortir avec nous, tu pouvais rester chez moi.
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Tu voulais utiliser l'ordinateur? Il t'était gracieusement prêté sans question et sans appréhension.
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Tu avais faim? Le frigo était là.
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Tu voulais prendre une douche? Une serviette était toujours prête pour toi dans la salle de bain.
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Tu étais bienvenue ici comme si tu avais été invitée, alors que tu ne l'étais pas. Tu étais accompagnatrice.
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Peu m'importait qu'il m'en coute deux quart de pain et un pot de beurre d'arachide par week-end, ta présence ne m'importunait pas.
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Sans être toujours plaisante, tu étais divertissante.
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Même après, tu l'es restée, à ta manière.
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Même après avoir sauvagement coupée tes cheveux.
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Même après avoir malsainement pris tout ce poid.
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Même après quand tu ne pouvais plus sortir de chez toi, quand tu passais ta vie en pyjama.
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Même quand tu nous as fait un joli collage avec tes circulaires d'épicerie pour nous prouver que tu n'avais pas les moyens de manger tout un mois durant avec tes revenus, alors que nous nous efforcions de ne pas rire devant ces pages de cahier Hibou ou étaient collés des images de Filet-Mignon, Cerises de Terre et Compagnie.
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Même quand ta maladie a pris totalement le dessus et que plus rien n'était sencé être drôle.
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Quand cet après-midi là tu as étalé sur la table de la cuisine ta panoplie de médicaments, tassant de ta main gauche deux comprimés en nous disant "ça c'est mes pelules pour chier" et écartant de la main droite tes gélules de Lithium en déclarant "Pis ça c'est celles qui m'empêchent de le faire partout".
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Jamais tu n'as perdu notre appréciation.
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J'ai vu tes proches, des gens que j'aime, s'épuiser a t'aider, à t'aimer, à rester présent alors que leur présence même, leur amour, t'importunait.
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Je t'ai vu déclencher la foudre et le tonnerre pour chaque preuve d'amour et d'appréciation qu'ils t'offraient.
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Je t'ai vue prendre la totalité de leur amour, de leur confiance, de leur appréciation et de leur aide pour en faire un paquet bien solide que tu as ensuite arrosé de l'essence que tu volais avec la voiture de ta mère avant d'y mettre le feu avec la rage de ta haine.
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Une haine qui, j'en suis sur, est principalement portée envers toi même.
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T'es tu jamais arrêtée un instant pour te demander à quel point il fallait que tes proches t'aiment pour continuer d'apprécier une personne qui se déteste autant que toi ?
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Les sacrifices qu'ils ont du faire pour rester près de toi durant toutes ces épreuves, après chaque coup de lame de rasoir que tu t'infligeais, après chaque marre de sang dans laquelle tu perdais connaissance de toi même pendant quelques instant ?
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N'as tu jamais arrêté de te détester ne serais-ce qu'une seconde pour contempler l'amour que les autres te portent ?
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Pas juste tes proches mais nous aussi, les autres?
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Ceux sur qui tu ne peux pas compter, ceux qui ne seront pas là durant les moments difficiles ?
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Ceux qui ne font qu'accepter le fait que tu es malade avec une tranquille sérénité parce que cela n'affecte pas leur quotidien, leurs certitudes, leur vie ?
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N'as tu jamais pensé à ce qui ce cachait derrière chaque tranche de pain que tu engloutissait sans rien demander ni jamais dire merci chez moi ?
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N'as tu jamais vu la symbolique?
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Es-tu incapable de voir l'amour sous toutes ses formes?
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Si oui, que Dieu ai pitié de toi....
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...Puisque c'est probablement la dernière personne qui soit encore capable de formuler un tel sentiment à ton égard après toutes ces années d'errance et d'échecs sociaux....

10.9.08

Salut Paul !

Le Jeune Homme est assis bien droit sur son banc de bois et il écoute plus ou moins avec attention ce que l'homme au devant de la salle raconte.
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Son attention est en fait tournée vers autre chose. Quelque chose qu'il sait que personne sauf lui n'a remarqué.
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Au centre de la pièce, au bout de l'allée, la photo se son grand-père posée sur le cercueil en bois vernis regarde vers la droite..
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Et sur le mur, à droite, la même photo est affiché par un projecteur.. Et elle regarde à gauche.
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Il sait que le moment est important mais il ne peut s'empêcher de focusser sur le fait que son grand-père se regarde. Il ne peut s'empêcher de se dire à quel point l'église est laide, à quel point ces funérailles ont été bâclées et à quel point cette situation est injuste car le principal intéressé, celui qui méritait mieux que ce qu'il obtient, ne peux même pas se plaindre.
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Et il se souvient de sa grand-mère la veille, à genoux devant le cercueil, la main de son défunt mari dans sa main pleurer toute les larmes de son corps, de gros sanglots douloureux échappés par une femme orgueilleuse qui, après 53 ans, se retrouve seule pour la première fois.
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Venu de nulle part le nom du Jeune Homme le frappe de plein fouet. Comment peut-on tomber dans la lune aux funérailles d'un être cher?
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C'est le prêtre qui l'appelle.
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La famille voulait qu'un des leurs écrive un hommage pour l'homme qui n'est plus. Ils ont donc convenus que le Jeune Homme était celui de la famille le plus à même d'écrire quelque chose de bien et d'aller le lire devant tout le monde. Ensuite ils en ont parlés au Jeune Homme. S'ils savaient toutes les choses que j'écris, ils n'en reviendraient pas.
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La tête droite le Jeune Homme se lève de son banc et se dirige vers le devant de la scène. La dernière fois qu'il est allé a l'église c'était pour le 50e anniversaire de mariage de ces mêmes grands-parents. Cette fois là aussi il avait eu la chance d'être le petit fils désigné pour lire à l'église. C'était toutefois dans un tout autre genre.
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Sur le chevalet le Jeune Homme déplie l'unique feuille dactylographiée qu'il trainait dans sa poche, un peu honteux de tous les plis et faux plis qui la bariole..
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Avec conviction il lève la tête et fixe un point au fond de la salle pour s'assurer de sembler regarder tous et chacun sans pour autant croiser un seul regard.
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-Ma mère m'a toujours dit : " Le plus fort, c'est mon père".
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-Mon grand-père nous a prouvé au cours des derniers mois en combattant la maladie à quel point elle avait raison.
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-C'est avec fierté aujourd'hui que nous lui rendons hommage, non pas parce qu'il nous a quitté, mais bien parce qu'il a vécu.
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-Il a pris soin de sa famille et de ses proches avec dévotion et tendresse, toujours avec plaisir et par amour, sans jamais juger, ni douter, comme seul un homme de sa force pouvait le faire.
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-Il a comblé de joie sa femme, ses enfants et nous tous ses petits enfants par sa présence, son sens de l'humour et son amour inconditionnel.
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-Aujourd'hui il veille sur nous de là-haut et cette pensée en soi est déjà un réconfort.
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-Que chacun d'entre nous se souvienne que nous sommes ici d'abord et avant tout pour célébrer le fait qu'il ait vécu et que son existence a marquée nos vies à jamais car, l'homme le plus fort que nous ayons connu n'as pas vécu en vain. Il a aidé chacun d'entre nous à être de meilleures personnes.
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-Merci
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Salut Paul !
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Salut Paul, s'est étouffé dans un sanglot que tous et chacun ont frissonné de compassion et de tristesse.
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Une larme collée a la limite de sa mâchoire, l'autre glissant sur ses lèvres, le Jeune Homme est retourné à sa place, effleurant le cercueil du bout des doigts au passage.
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Il s'est assis sur le banc, a redressé la tête avec fierté comme son grand-père le lui avait appris et il s'est efforcer de ne pas sentir couler ses larmes sur ses joues.

13.4.08

Le Savoir de la Mort

Au cours de son existence l'homme accumule les connaissance, ajoutant toujours de nouvelles notions de savoir à son esprit. Le Jeune Homme n'y fait évidemment pas exception.
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Il a une culture générale enviable, une expérience de vie riche et diversifié. Il Sait déjà beaucoup de choses.
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Il en a appris une autre aujourd'hui. On en apprend à tous les jours il parait.
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Aujourd'hui il a appris que les gens que l'on aime ne sont pas immortels.
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Au téléphone sa mère a su se projeter l'image d'une femme forte qui a foi en la vie.
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Son père, le grand-père du Jeune Homme, vient d'apprendre qu'il a la Leucémie.
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Approchant doucement des 80 ans l'homme n'est plus en mesure de combattre la maladie comme le ferait un homme dans la force de l'age.
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Une chance qu'à cet age les cellules se reproduisent moins rapidement, ralentissant la maladie un peu.
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Il a passé une batterie de test, ils cherchent encore de quelle sorte de Leucémie il souffre.
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Son départ sera-t-il rapide et sans douleur?
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Sera-t-il long et pénible, laissant une carcasse décharnée mais toujours habitée par la vie souffrir en silence dans une anonyme chambre d'hôpital?
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Personne ne sait pour l'instant.
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En ces moments plus difficile tout le monde semble imiter la mère du Jeune Homme. Tous retrouvent l'espace d'un instant la proverbiale Foi en Dieu et lui adresse en paroles ou en silences leurs prières du mieux d'une situation qui n'en a pas.
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Dieu, entend nous, pour le bien d'un vieil homme qui a aujourd'hui permis au Jeune Homme de Savoir.
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De Savoir que la mort nous prendra tous un jour. Ceux qu'on ignore. Ceux qu'on aime. Les autres. Même nous, un jour...

12.4.08

La Clé de l'Unipolarité

Je vous ai parlé à quelques reprises de mon petit frère et de ses problèmes. Disons que la situation s'est avérée un véritable casse-tête à quelques reprises pour ma famille. Le désir des parents que leurs enfants soient heureux, l'inquiétude de tous et chacun envers les déboires du cadet. Les mensonges et les non-dits pour cacher les failles de plus en plus évidentes.
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He bien, après que mon frère se soit encore une fois avéré incapable d'aller travailler comme un adulte responsable et normal, la liste des excuses et faux-fuyants disponibles s'était passablement écourtée.
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Il ne consomme plus de stupéfiants. Il ne boit plus plus que de raison. Pourquoi cette incapacité à mener une vie normale ?
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Devant cette question le Jeune Homme en a profité pour se foutre un pied dans le cadre de porte et enfin faire entendre son point de vue.
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Maladie Mentale.
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Deux mots qui font peur.
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Et puis ces deux parents qui écoutent chacun leur tour au bout du fil des mots qu'ils ne veulent pas entendre. Des mots comme Maniaco-dépression, Bipolarité, Schizophrénie. Des mots durs. Des mots lourds.
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Devant l'insistance maternelle le Cadet s'est enfin résout à aller consulter.
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Avec la Mère ils sont allés voir LE grand spécialiste, j'ai nommé, le Médecin Généraliste du Village.
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Loin de moi l'idée d'adopter un ton condescendant ou sarcastique. Cependant.
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L'homme possède un savoir et une compétence indéniable.
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Comme son titre l'indique aussi. l'homme possède une compétence et un savoir GÉNÉRAL.
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Au mieux de ses connaissance l'homme de médecine a établi un diagnostique TEMPORAIRE d'unipolarité, soit de dépression chronique.
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Comme la bipolarité, mais sans les highs. Juste des down et des moments normaux.
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Dans sa grande sagesse il a insisté pour que mon frère consulte un psychiatre afin de pousser plus loin pour être certain de bien identifier le problème et il a prescrit un anti-dépresseur.
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C'était sans compter sur la personnalité moribonde du cadet.
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Du refus de consulter un psychiatre parce qu'il "Est pas fou s'ti!", ma mère là apporté à accepter de voir un psychologue pour "dialoguer".
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Jouant de ses relations elle a réussi à lui obtenir un rendez vous dans deux semaine chez un spécialiste compétent et abordable.
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Mais le Cadet, seul chez lui, s'est mis à jongler. Il s'est bien rendu compte que consulter un psychologue le pousserait à creuser à l'intérieur de lui-même. Qu'il serait même peut-être "obligé" d'aller voir un psychiatre. Et qu'alors, il serait FOU.
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Et le P'tit Frère, il veut pas être FOU.
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Alors FUCK le psychologue. On pop les anti-dep comme on poppait le speed et la "E". Maintenant on se redescend sur terre à défaut de continuer de planer grâce aux comprimés. nouvel échappatoire.
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Encore une fois, le Cadet dans un cul de sac. Il a beau avoir arrêté de boire. Il a beau avoir lâché les stups. Il a beau être sur les anti-dep, rien ne résout le problème.
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Parce qu'encore une fois, on esquive LA question. Pourquoi l'alcool ? Pourquoi la Dope? Pourquoi les Anti-Dep ?
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Pourquoi toute cette merde dans sa vie ?
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Et le Jeune Homme qui commence doucement à penser à parler à sa famille de ces gestes posé par un grand-père il y a des lustres, impressions et souvenirs flous qui pourrait bien être la clé du mal d'un Cadet qu'il aime en dépit de tout.

25.3.08

DANS TA TETE LÀ !

Heille toi le p'tit frère!
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Oui, Toi-là, l'grand niaiseux !
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Veux-tu ben m'dire c'est quoi ton osti d'problème ?
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J'le sais. On l'sait que t'as eu des problèmes.
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D'la dope, d'la boisson, toute ce que tu veux. Tu t'es rentré toutes les osti d'poison d'la terre par toutes les osti d'orifices de ton osti d'corps.
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On est au courant !
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Pis ta fait une beeeeeeeeeeelle thérapie, avec toute ce qui commence en psy pis les autres aussi qui t'jousent dans tête pis dans l'passé.
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Pis nous autre, ta famille là, ceux que t'aimes parce que t'es obligé, ben on a été là.
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On a été là du mieux qu'on a pu. P't'être pas d'la façon qu't'aurais voulu mais quand même!
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On est juste des humains pis d'toute façon, on l'sait pas ce que tu veux. On t'aime ben, mais on t'comprend pas un osti d'menute.
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On a farmé nos yeules souvent même si ca nous démangeait d'te brasser la cage solide. On a "compris". C'est a dire qu'on a fait semblant d'comprendre pis on est restés a tes côtés, en silences.
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Évidemment qu'on t'a jugé. On t'a jugé a tour de bras. T'as même pas idée d'comment un t'jugeais. Même moi j'le sais pas jusqu'à quel point j'te jugeais.
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Mais on l'a pas dit. On l'a pas dit pour t'aider. On l'a pas dit parce que t'étais faible, parce que t'étais a terre. On a farmé nos christ de yeules.
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Pis là, t'as été mieux. Là encore, on a pas dit un osti d'mot. On était plein d'appréhension pis en même temps, on était toute exités de voir que finalement, t'allais p't'être ben être heureux.
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Folle de même !
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Pis là pour en rajouter tu t'es pogné un bel appart presque propre ou j'ai d'ailleurs passé deux jours pas plus tard que la fin de semaine dernière.
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Tu t'es aussi fait une blonde pas pire, ben fine, travaillante, qui t'aime fort pis que t'as d'l'air d'aimer pas pire toé too. A prend soin d'toé pis l'contraire aussi a vous voir aller.
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T'as eu une job aussi. Ton père. Notre père a fait marcher ses relations pour te trouver quelque chose de pas pire. Ya mis son nom en avant d'toi. Son osti d'nom qui nous empêche tout le temps d'avancer parce que ya donc peur qu'on l'salisse, ben s'te damné nom là, il l'a mis en avant du tiens pour te donner un autre chance. Encore une christ de chance.
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Pis là, kessé qu'on apprend by the way entre deux bouchées d'gauffres ?
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MONSIEUR est pas rentré travailler d'puis plus d'une semaine pis ya même pas daigné donner de nouvelles à son boss.
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Pis il l'a pas dit a personne.
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Pas a son père qui a mis son nom en avant du sien.
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Ni à sa mère qui pleurait talleur au téléphone en me parlant.
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Même pas à son osti d'blonde qui reste avec !
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Ya probablement eu besoin de plus d'énergie pour cacher à tout le monde qu'il allait pu travailler que ça yen aurait pris pour juste nous l'dire.
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Pis évidemment, t'es même pas assez honnête pour répondre à ton christ de téléphone quand on t'appelle han ?
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Osti d'pissou!
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Ton père a appelé. Boite Vocale.
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Ta mère a appelée. Boite Vocale.
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JE t'ai appelé. Boite Vocale.
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T'avais d'l'air fourré en osti par exemple quand j'ai appelé sur le cell de ta blonde pis qu't'as été pogné pour me parler han?
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Pis tu t'obstine à dire qu'il y a rien !
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Là là, tu vas m'expliquer d'quoi...
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...DANS TA TÊTE LÀ!
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dans ton OSTI d'tête là, y s'passe quoi ?
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Va falloir que tu finisses par le dire! Si tu l'sais pas, on va t'trouver un fouilleux d'tête ou un fouilleux d'passé qui va t'le faire cracher, cré moé !
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Parce que nous autre, on est ben ben fatigués.
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Pis si toé tu vas mal, ben t'as l'droit, t'es humain.
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Mais faudrait que tu prennes conscience dans un futur rapproché d'un affaire ben importante.
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Nous autre aussi on l'est, humains.

20.3.08

Une Chaîne que les Personnes Âgées Aiment...

17 ans. C'est jeune, n'est-il pas ?
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à 17 ans le Jeune Homme vivait à Trois-Rivières. Il avait quitté son village quelques mois plus tôt.
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Selon le plan le Jeune Homme devait partir en appartement après son secondaire pour aller étudier au CEGEP. Durant sa dernière année d'études dans une école secondaire paumée entre deux champs de blé-d'inde il s'était monté un joli trousseau de vieux meubles et autres cochonneries bonne pour les étudiants et les pauvres.
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Au Noël de ses 16 ans le Jeune Homme apprenait que ses parents divorçaient. Une procédure longue et houleuse menant éventuellement à la séparation de deux êtres qui étaient passés de l'amour au mépris avec les années, tout en attachant leurs vies ensemble toujours plus solidement pour pallier au manque d'affection qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre.
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Les plans changèrent une demi-douzaine de fois et finalement le père du Jeune Homme quitta la maison familiale le matin du 7 Avril pour un 4½ à Trois-Rivières Ouest, 4½ que lui et le Jeune Homme partageraient lors de son entrée au CEGEP plus tard.
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Le Jeune Homme aida son père a transporter le peu qu'il lui restait, plus ce que le Jeune Homme possédait, de son enfance vers ce qui deviendrait son passage dans le monde des adultes.
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Le Jeune Homme et un père qui ne se comprennent pas. Un adolescent qui rue dans les brancard et qui affronte et confronte tout et rien mais surtout ses parents.
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Un adolescent frustré, blessé, qui prend doucement conscience de son énorme force et de tout le pouvoir qu'il pourrait avoir s'il s'y appliquait.
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Et de cohabiter un homme et un Jeune Homme qui ne s'entendent pas, ne se comprennent pas, ne se parlent presque pas. Deux hommes en peine qui n'arrivent pas à communiquer et a exprimer ce qu'ils sont.
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Parfois un petit frère qui ne parle pas se joint à eux. Alors ils jouent au carte, maigre palliatif à une conversation qui vient trop rarement et se tari trop vite.
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Les mois passent et les quelques mots échangés le sont de plus en plus fort, devenant des cris, parfois des larmes. Les soupirs d'incompréhension se transforment en inspiration de rage et de colère impuissante, les silences vides s'emplissent de mille et une reproches silencieuses.
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Le Jeune Homme est différent, il fait tout en grand.
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Le jour ou il fugua de chez son père n'y fait pas exception.
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Les ados fuguent avec un sac-a-dos et un peu d'argent volé. Ils se terrent et sont vite rattrapés. Honteux, ils se taisent et retournent chez leurs parents, dans le silence et la solitude, étouffant leur malheur.
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Un soir un homme rentre chez lui et ne trouve pas son fils. La chambre de l'adolescent est vide, il a tout emmené, le lit, la commode, l'ordinateur, les vêtements. Il a aussi pris la télé du salon qui lui appartient et les serviettes dans la salle de bain.
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Il a laissé une note sur la table expliquant qu'il est parti, comme le ferait une épouse à son mari.
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Un homme qui sait ou se trouve son fils et comment le rejoindre mais qui attend.
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Les heures s'étirent, la nuit tombe et se relève. 24 heures sont passées avant que l'homme ne trouve le courage d'appeler ce fils qu'il a toujours aimé mais qu'il a l'impression de ne pas, de ne plus connaître.
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Jeune Homme adolescent et obtus, qui refuse de dialoguer, qui ne veut surtout pas voir ses propres failles, s'entêtant à mettre en lumière celles de son père sans comprendre que s'il les voit aussi clairement c'est qu'ils sont semblables.
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Et finalement un soir dans une resto d'une chaîne qui plaît aux personnes âgées se retrouvent attablés un homme, son ex-épouse et un adolescent déchaîné.
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Arguments après arguments deux êtres qui ont décidé de s'haïr pour le meilleur et pour le pire mettent leur griefs de côté pour faire entendre raison à un Jeune Homme buté qui croit que détester les gens l'aidera à s'aimer lui-même.
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Après deux heures le Jeune Homme consentira à retourner vivre avec le paternel. Il le fera simplement parce qu'après deux heures il a fini par arracher à ses géniteurs la promesse qu'en Juillet ils le laisseront voler de ses propres ailes. Ils n'auront pas le choix, il aura 18 ans de toute manière. Ils sont aussi bien de lui faciliter les choses, ce sera bénéfique pour tous.
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Trois personnes qui quittent ce restaurant ou tout goûte la même chose, ou le café est fade et les prix ridicules. La femme part à droite, en direction d'un nouvel amoureux, d'une nouvelle maison et d'une nouvelle vie. L'homme part a gauche, vers un logement vide ou l'attendent des dettes, des regrets et toute la peine du monde qu'il est incapable d'exprimer.
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L'adolescent Jeune Homme lui part droit devant, sur le chemin de la vie. La tête haute, il s'obstine à ne pas tourner la tête car cela l'obligerait à regarder une partie ou l'autre de son enfance s'éloigner les épaules courbées par le sentiment d'avoir échoué.

15.1.08

Expression Régionale

J'ai une théorie bien à moi. Ya de ces phrases qui ne semble exister qu'en campagne. Allez savoir pourquoi, mais elles ne cadrent pas en ville.
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J'ai eu un brillant exemple de cette théorie lors de ma dernière visite chez ma mère.
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Une amie à elle, venu dîner à la maison, parlait de je ne sais trop quelle personne qu'elles connaissent toute les deux. Vous ne direz qu'en région tout le monde connaît tout le monde alors ce que j'écris est l'évidence. Mais bon, c'est une autre histoire ça.
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C'est plutôt l'amorce utilisée pour lancer la discussion qui m'a fait sourire discrètement la main sur la bouche.
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"J'm'adonnais à passer dans mon châssis d'cuisine quand j'ai vu"...
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J'peux pas dire combien de fois j'ai entendue cette phrase là ou une de ses variante proche.
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Pour moi la campagne c'est ça.
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Être au courant de tout parce qu'on s'adonne à passer dans son châssis d'cuisine très souvent....

12.1.08

Tous les Chemins Mènent au Canadian Tire

Le Jeune Homme a profité de son séjour en région pour faire la grande tournée de la famille. Il leur doit bien ça. Il sait que tous ces gens l'aiment, qu'ils s'inquiètent, qu'ils s'enquièrent de lui. Il se devait d'aller les voir tous et chacun.
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Du fait, le Jeune Homme en avait aussi envie. Ces gens sont sa famille, la chair de sa chair, le sang de son sang. Ils sont un peu de ses défauts et de ses qualités, un peu de tout ce qu'il est et de tout ce qu'il deviendra, avec ou contre son gré.
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Il est entre autre allé voir ses grands-parents paternel. Il vous en a parlé d'ailleurs, il s'y est rendu sur la glace.
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Le Jeune Homme se sait chanceux. Ses quatre grand-parents sont encore vivant, alors qu'il a lui-même 23 ans. Plus, ils ont tous leurs permis de conduire, leurs maisons, leurs vies actives.
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C'est peut-être pour cela que tout cela l'affecte.
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Lorsqu'est venu le temps de retourner chez son père, le Jeune Homme s'est levé et a pris son manteau.
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Son grand-père s'est aussi levé.
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Le Jeune Homme a tendu la main pour serrer celle de cet homme de 78 ans toujours fier, aux yeux bleu acier, aux fins cheveux blancs et à l'embonpoint marqué.
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"Non que non! J'va aller t'po'ter!" De protester le vieil homme avec son accent du Nouveau-Brunswick à couper au couteau.
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Et le Jeune Homme de protester durant les 10 minutes suivantes. C'est pas loin. Il faut pas froid. J'vais en profiter pour fumer une clope. Etc.
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Rien n'y fit, il se retrouva installé côté passager de l'énorme camion rouge de son Gran'Pa.
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Le Jeune Homme inquiet. Inquiet d'une inquiétude vite vérifiée. vite justifiée. Son Gran'Pa qui reste à 4 rues de chez son 'Pa, son propre fils, ne retrouve plus la maison.
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Il tourne sur une mauvaise rue. Le Jeune Homme se tait. Et encore une mauvais tournant.
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Un Gran'Pa au regard vide, un peu perdu. Un Gran'Pa qui sait qu'il ne sait pas, qu'il ne sait plus. Il ignore ou il est. Il refuse de le dire. Et le Jeune Homme de se taire pour ne pas contrarier ce Gran'Pa qu'il reconnaît de moins en moins.
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Subtilement il le remet sur le droit chemin. Sans Heurt, ils arrivent à destination.
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Il y a quelques semaines ce Gran'Pa dont on se souvient mieux que lui-même est parti de chez-lui pour aller au Canadian Tire, son magasin favori. Depuis plus de vingt ans il s'y rend plusieurs fois par mois.
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Gran'Pa s'est perdu en allant au Canadian Tire. Nerveux de ne plus retrouver son chemin il a omit un stop. Avec son gros camion rouge il a accroché une petite Honda. Pas de dommages, pas de blessés, juste un peu d'inquiétude.
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Une inquiétude semblable à celle que Gran'Pa verbalisait quelques heures plus tôt assis à la table de la cuisine avec Gran'M'man et le Jeune Homme. Inquiétude face à sa soeur, en phase terminale de la maladie d'Alzheimer dont elle décédera éventuellement. Comme son autre soeur avant. Et un autre de leur frère.
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Gran'Pa est vieux. Il commence à oublier. Il oubli surtout de faire face à la vrai raison pour laquelle il n'arrive plus à se rappeler des choses les plus simples.
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Même le chemin qui mène au Canadian Tire qui l'a vue vieillir et faiblir jusqu'à l'oubli.

11.1.08

Shawinigan c'est Mercredi

Hier soir, soit Mercredi, je suis allé prendre un verre avec un ami a moi au Broadway, au bout de la main a Shawinigan. Nous sommes resté au bar (taverne? Pool Pub ? Je ne sais comment qualifier l'endroit) de 8h00 à 11h00 du soir. Lorsque nous sommes arrivés, il n'y avait que trois clients a part nous dans la place. Lorsque nous sommes partis, il ne restait que trois clients dans la place.
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C'est pas mêlant, le barman s'est même assis avec nous pendant une bonne demi-heure, se joignant à notre conversation sur les relations interpersonnelle, faisant preuve d'un acharnement émouvant à croire que nous parlions tous de filles. Dream on mon coeur !
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Devant cet achalandage effroyable moi et mon ami nous sommes mis a parler de la vie en région, surtout a Shawi, et du fait que tous les soirs se ressemblent quand on est dans cette ville un coup qu'on a connu plus gros.
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À shawinigan tous les soirs sont des mercredi soirs. Et c'est pas une blague.
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Je suis arrivé Lundi, je me sentais mercredi. Mardi ? Mercredi ! Mercredi, j'étais enfin dans le sens du monde. J'ai quitté aujourd'hui puisque je vous écrit live from le village de ma mère, et bien que nous soyons jeudi, j'ai, dans ma tête, quitté Shawinigan Mercredi.
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Quoi qu'à bien y penser ce message ce rendra peut-être à la civilisation mercredi, propulsé à la vitesse folle de 56ksec. On ris plus !
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Vous savez c'est quoi le pire ? Je dois admettre qu'au fond de moi même, je déteste pas ça les Mercredi.
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Quoi que j'préfère de loin les mercredi Karaoké de Québec que les mercredi Broadway sur la main de Shawinigan....

8.1.08

Jeune Homme Sur la Glace

Le Jeune Homme marche tranquillement dans la ville. D'un pas mal assuré il chemine dans les rues de Shawinigan, sidéré par ce qui passe ici pour du déneigement. Non satisfait de ne pas déneiger les trottoirs, les employés de la ville se sont aussi contentés de frayer un pauvre chemin d'une voie au milieu des larges allées qui l'été en comptent deux.
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Il est arrivé hier soir chez son paternel, avec son grand petit frère. Ils ont passé la soirée à discuter, d'abord tous ensemble. Ensuite un père et un fils.
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Un père fatigué qui ne sait plus quoi faire du cadet de ses enfants, loin d'être le cadet de ses soucis.
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Un père et un fils qui fument ensemble dans le noir, à l'extérieur, regardant s'envoler la fumée de leurs cigarettes comme ils ont regardés s'envoler l'espoir d'un avenir meilleur pour ce membre de leur famille qu'ils aiment tant­.
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Tout le monde semble trouver que le Jeune Homme semble fatigué. Dans quelques minutes, quand il sera arrivé au bout de ses pas sur les rues glacées de Shawinigan, il entrera dans la maison de ses grands parents paternel et ils lui diront la même chose.
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Pourtant le Jeune Homme se sent en forme. Ils ont juste oublié qu'il a lui aussi continué de vieillir au cours de la dernière année. Que lui aussi a eu son lot de nuits blanches, de party, de travail, de stress. Son lot de vie quoi.
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Et le Jeune Homme de se regarder dans le miroir et de se dire que c'est pas si pire... Pas si pire comparativement aux cernes de tous ces gens qui lui trouvent un air épuisé.

12.12.07

Infern-Ice


Cette image vous dit quelque chose ?
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La tempête de verglas. Ça fera 10 ans bientôt.
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Le Québec avait été paralysé pendant un bon bout sous toute cette glace. Des poteaux étaient tombés, des pylônes électriques abattus. L'enfer blanc sur terre.
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Je ne vous en parle pas parce que ma famille avait été prise au coeur de ce que l'on appela à l'époque le triangle noir. Nous restions en Mauricie, nous avions été sensiblement épargnés. Bien sur tout avait été recouvert d'une imposante couche de glace translucide, créant un décor aussi féerique que dangereux. Mais sinon quelques heures de noirceur et d'incertitude nous nous en étions bien sortis.
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J'avais 13 ans à l'époque. Certains membres de ma famille ont manqué d'électricité pendant 5 semaines. Ils ont connu un interminable enfer, vivant en centre d'hébergement, entassés les uns sur les autres.
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un soir de janvier mes parents nous avaient fait venir au salon, moi et mon frère. Mon père venait de changer d'emploi, voulaient-ils nous annoncer. Il quittait la caisse populaire de notre petit village pour celle de St-Cyrille de Wendover.
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Le très Jeune Homme, perplexe, demandait en haussant les sourcils: C'est pas là que sont tombés tous ces pylônes ?
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Oui.
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Très Jeune Homme persuadé que ses parents lui font une mauvaise blague. Si jeune et déjà cynique.
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Pourtant il ne s'agissait pas d'une plaisanterie. Ils allaient vraiment déménager. Encore une fois.
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Ils étaient dans leur village depuis moins de trois ans. déménager encore une fois ? No way !
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Le Très Jeune Homme qui refuse d'affronter cette réalité encore une fois. Pas question de changer d'école, de perdre ses amis, de devoir tout remballer. Encore une fois.
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Le Très Jeune Homme qui s'est couché, ce soir là, le coeur aussi glacé que le presque-tout-Québec, effrayé par la perspective d'aller vivre dans l'enfer cristallisé du pays ou tombaient les pylônes.

15.11.07

Amour & Trahison

Drôle de titre s'il en est un. Pourtant, lorsqu'on y pense un peu, on pourrait facilement en venir à croire que ces deux termes sont intimement reliés.
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Vous vous souvenez de la Pride Party chers lecteurs?
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Je vous avais promis un fabuleux récit de ce week end qui, je le pense encore, fût un blast total. Rarement autant de plaisir ne s'est concentré en aussi peu d'heures.
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Pourtant, j'ai interrompue le récit à l'époque par incapacité de le terminer. Le week end avant été entaché par l'Amour et la trahison.
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Un ami proche, un autre moins. Un ex, beaucoup de sentiments.
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Un ami qui perd voit une personne lui couper l'herbe sous les pieds. Une personne qu'il estime. Estimait.
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Et tout le malaise engendré par les jeux d'ombres et les non-dits. Par ce que tout le monde a vu et n'a pas vu,. ce qu'on a deviné et ce qu'on a su.
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Et puis deux amis qui ne se parlent plus. Un couple nouveau, loin de tout et de tous, esseulés dans leur amour récent qu'on leur souhaite durable malgré tout. Amertume d'une trahison en quelque sorte. C'est le classique, on doit l'admettre.
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Et puis encore une fois. Un ami proche. Un autre moins. Ils sont colocs.
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Et l'ami proche d'apprendre que son coloc se tape son ex depuis quelques semaines déjà. Le geste pourrait être répréhensible. Il pourrait l'être moins. C'est le secret et la trahison, ce sont les mensonges et les non-dits, c'est dans l'ombre que la problématique prend de son ampleur.
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Mais où s'en va le monde? Ou sont allés la confiance et le respect ?
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Probablement qu'ils sont parti ensemble, amoureux, esseulés, laissant seuls derrière eux le reste des obligations que tous et chacun ont envers les gens qu'ils aiment.
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Mais s'ils en viennent à se quitter, ils voudront revenir. Sauf que..
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Si la confiance et le respect s'en sont allés main dans la main, ils ne pourront pas revenir l'un sans l'autre. La confiance n'existe pas sans respect, et le respect n'a aucune valeur sans confiance.
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Comme ces deux couples qui autrefois ont eu figure dans nos vies et qui, s'ils venaient à vouloir faire un come back auraient bien de la difficulté à se réapproprier la place qu'ils ont laissé vacante lors de leur départ fracassant vers le pays de l'amour et de la trahison.
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Dans le grand cercle de la vie, au côté du Syndrôme Pernicieux le Jeune Homme ajoute donc aujourd'hui la ronde de la Confiance, du Respect, de l'Amour et de la trahison. Ensemble ils dansent dans la vallée des Ombres, baignés de la lumière jaunâtre des secrets, foulant de leurs pieds l'herbe la plus amère qui puisse exister sur terre.
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Aussi amère que les souvenirs qu'ils laissent derrière eux.

11.11.07

Si un arbre tombe...

Si un arbre tombe dans la forêt et que personne n'est là pour l'entendre, fait-il du bruit ?
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Aucune idée. Par contre la dernière fois que c'est arrivé c'est à cet endroit même qu'ils ont bâti Shawinigan-Sud, ou reste mon paternel. Je viens d'y passer trois jours et laissez moi vous dire une chose. Tout ceux qui considère la Vieille Capitale comme un gros village n'ont jamais été là-bas !
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Lorsque je suis arrivé jeudi soir les embrassades ont vite laissé place aux reproches d'usage, technique subtile pour vérifier la stabilité mentale de la famille.
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"Tas pas grossi !" ( JALOUUUUUUUUUUUUSEEEE !!!)
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"Ouan, tu descends pas souvent !" (Ma mere a un auto. Mon père aussi. Mon frère aussi. Je suis a pied. Qui est la cruche qui se tape trois heures et demi d'Orléans Express pour descendre au crick d'Ovilla Pronovost ? Dans l'mille !
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Couché tôt par ennuie, levé tôt par obligation, la vie en région n'a rien de reposante. Le Jeune Homme s'est depuis longtemps déconnecté de cette famille qu'il a probablement quitté trop jeune.
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En dépit de son amour pour eux il n'a qu'une seule envie. Retourner chez lui, là où il se sent compris, là ou chaque question polie ne lui semble pas un moyen détourné de le piégé, là ou il n'a plus peur de décevoir.
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Il devait y aller. Le Jeune Homme n'est pas passé voir sa famille quand la tourmente a frappée et que son frère a décidé que la poudre d'étoile ne ferait plus briller son firmament. Il a eu peur, il l'avoue bien humblement. Peur que sa mère frappe ou tout va bien pour décompenser de ce qui ne marche pas. Peur de servir, encore une fois, de messager entre ces parents qui ne peuvent, ne veulent, pas se comprendre. Peur de perdre l'équilibre si chèrement acquis, aussi égoïste que sois la démarche.
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Peur d'avoir peur aussi peut-être. Peur de pleurer. Peur que ses propres problèmes et frayeurs ne sortent sur le coup de la pression et ne viennent priver son tout petit frère de toute cette aide dont il avait tant besoin et qu'il avait tant tardé à demander. Peur de vivre et mourir. Peur d'être pour la première fois un membre entière de cette famille dont il a tellement voulu se discocier.
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Retourner a Shawinigan-Sud pour le Jeune Homme c'est retourner seul dans le noir, loin de ses amis, ces piliers, et faire face à tout ce sur quoi il a voulu faire une croix sans réussir vraiment.
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C'est confronter deux parents qui sont un peu lui et beaucoup de ce qu'il ne veut pas devenir.
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C'est regarder dans le rouge des yeux d'un petit frère qui est aussi peu doué que le Jeune Homme lui-même pour aimer.

8.10.07

Foursome; La Confession.

Ouais, le foursome infernal composé par Chouchou, la Prof d'Anglais, le Plus Petit de Nos Amis et votre Jeune Homme s'est offert un Black&Blue (Ou Bead&Breakfeast comme dit le Plus Petit de Nos Amis) d'enfer ce week end.
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Vous le raconter dans le détail ? Impossible.
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J'ai bien essayé quelques fois au cours des dernières semaines de raconter d'intenses moments de débauche et de plaisir avec un résultat assez médiocre selon moi.
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En fait, plus j'y pense, plus je me rends compte que ce blog a pris une orientation qui me plaît plus ou moins.
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Les longs récits se sont espacés. Les textes de qualités de moins en moins souvent publiés. D'étranges posts décousu qui font peu de sens pour le lecteur hors-contexte ont pris toute la place.
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Je m'en excuse sincèrement et ce soir je tente de mettre un peu de poids dans ce côté de la balance qui me procure fierté dans ce morceau de web que j'ai fait mien, les histoires vrais.
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Le foursome. Vous en avez entendu parler à mots couverts, au travers des histoires. Les personnages qui le composent sont arrivés graduellement au cours des derniers mois, au fil des jours et des semaines, des joies et des peines.
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Le résultat: Un groupe de quatre adultes(?) semblables et différents qui se sont collés l'un à l'autre à une vitesse stupéfiante, établissant des liens solides d'une façon naturelle et ho combien satisfaisante.
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Quatre adultes avec leurs forces et leurs faiblesses, avec leurs rêves et leurs espoirs propres. Quatre adultes célibataires, pleins et vides d'un espoir qu'ils ne savent trop définir.
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Je me fais sur cette page porte-paroles de mots qui ne furent jamais prononcés et qui ne sont que les impressions du quart d'un tout qui aspire au bonheur.
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Nous, foursome de la Vieille Capitale, ne sommes qu'humains.
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Notre force? Nous le savons.
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Notre but? Vivre et se sentir vivants.
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Comment? Par tous les moyens possibles, bons comme mauvais, simples comme complexes.
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J'expose ici sur cette page la vie de ce groupe au jugement de leurs pairs, mes lecteurs. Ils le savent, ils le lisent religieusement. Lecteurs silencieux ils n'en pensent pas moins, j'en suis conscient.
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Le vide de mes textes des dernières semaines tient à cette présence silencieuse. Ces textes sur la nature humaine, sur ma nature, sur la vie, l'amour et l'espoir, ils viennent de ma vie.
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Depuis quelques semaines Ils en font parti. Mille fois les mots ont voulus courir sous mes doigts de raconter leurs vies et la mienne au travers des épreuves et des joies de l'un et l'autre.
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Mille fois ces mots sont morts avant d'avoir atteint les notes du clavier car si j'ai fait le choix d'exposer ma vie aux yeux de tous, eux ne l'ont pas fait.
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Ils sont mes amis et par respect pour eux j'ai laissé se tarir la source de mon inspiration, les gens qui m'entourent. Sans amertume, sans reproches, le vrai monde m'a insidieusement rappelé à lui et j'ai répondu à son appel en toute connaissance de cause.
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Ils sont humains, ils sont différents. Chacun avec ses forces, ses faiblesses, ses histoires. Chacun avec ses damnées histoires si belles, qu'elles soient heureuses ou non. Chacun avec ses damnées histoires si vrai qui nous aident à comprendre un peu plus d'eux, un peu plus de nous. Un peu plus de ce monde de fou ou tous et chacun tente de son mieux d'être et d'être heureux.
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Cet homme qui n'a pas vécu cette folle adolescence qui nous a tellement appris et qui se retrouve à 27 ans confronté aux épreuves de nos 17 ans...Plus les convictions d'un homme avec 10 ans de vie supplémentaire comme autant de barrières vers l'amertume d'une évolution douloureuse. Cet homme aux idéaux chamboulés qui traversera la rivière de cette épreuve pour en sortir grandi et encore meilleur, promesse d'un être exceptionnel.
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Cet autre homme qui court après l'amour sans jamais s'être arrêté à définir de qu'est vraiment ce sentiment si vif qu'il désire plus que tout au monde avec une candeur qui souvent se déguise sous de faux atours, douleurs de ces hommes qui pour un temps semblent le but recherché avant de disparaître dans le néant des réponses erronées. Protagoniste de cette quête intemporelle et universelle qu'est la recherche de sois au travers de cet "autre" mystérieux et ultimement désiré.
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Cette femme qui s'est bâti un monde ou elle n'aura plus à faire face aux désirs qui lui reviennent de droit, à cette vie qu'elle seule peut réclamer, à ce véritable bonheur dont la pleine saveur ferait à coup sur voler en éclat le succédané d'amour pur qu'elle a su trouver et offrir aux hommes de sa vie qui toujours aiment d'autres hommes. L'Amour. Cette femme qui a foi en l'amitié, valeur forte et essentielle à l'accomplissement de tous et chacun. Cette amitié qui, loin d'être incompatible avec l'Amour, ne saurait grandir sans elle mais jamais à son détriment.
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À ce jeune homme qui depuis 268 textes, bons ou mauvais, étale l'imperfection de son humanisme aux yeux du monde pour réclamer son droit d'être ce qu'il est, des pires travers aux plus grandes faiblesses, de l'éclat du pouvoir à la brillante de la réussite.
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Avais-je le droit d'écrire ces lignes qui ne sont en fait que le plus infime rayon du jugement d'un pair qui aime et admire ces gens pour l'ensemble et la beauté de leur innarrable complexité.
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Ces gens qui ne sont qu'humain. Ces gens si extraordinairement humains, à leur vulnérabilité qui m'est exposée un peu plus chaque jour et que je m'abstiens de mon mieux de dépeindre sans pudeur par peur de perdre accès à ces semblables qui sont si rares et précieux.
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Foursome dans le plaisir, foursome dans les épreuves.
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Foursome pour la vie? La mort nous le dira mais l'espoir allège l'attente..

30.8.07

Hard Time

Vous savez, je viens d'avoir une discussion d'une heure avec mon père.
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C'est pas facile de dire à papa qui respire le besoin d'aide au téléphone que Star Académie avait raison.
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"Et c'est pas fini, c'est rien qu'un début, la vrai ... on l'a pas encore vu. Et jusqu'aujourd'hui, on a rien vécu..."
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Et papa de soupirer parce qu'il sait que Jeune Homme a raison au sujet de son frère.
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Star Académie disait vrai.

23.8.07

Poudre d'Étoile.

Avec les années j'ai compris. Sauf que je m'y habitue pas.
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Quand ma mère va pas bien, elle saute un plomb. Elle fait des reproches, elle est méchante. Le jour ou on comprend que souvent c'est sans lien aucun avec sois-même, on apprend à mieux dealer avec. Sauf que ça fait de la peine pareil.
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En fin de semaine j'ai reçu un e-mail de ma mère. He oui, ma mère s'est mise au joies de l'internet. Don't worry, elle ne lit pas le blogue et je fais chaque soir une prière silencieuse qu'elle ne tombe jamais sur ça.
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Toujours est-il que j'ai eu un beau e-mail de ma maman. Le pire char de marde que j'ai eu depuis mes 16 ans je crois.
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Du "Tu appelles jamais" au "Tu profites de nous" en passant par le très classique " J'me demande ce que j'ai fait pour que toi pis ton frère vous soyez de même", j'ai eu le droit à toute la gamme des reproches, accusations injustes et insultes gratuites.
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J'étais fâché. Très fâché. Quand tu prends plusieurs années avant de surmonter ta peur de dire à tes parents quand tu as besoin d'aide, te faire dire que t'appelles juste quand tu as besoin d'eux, ça fait mal.
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Te faire dire que tu t'occupes plus de tes amis, ces étrangers, ça passe croche dans la gorge. Ces étrangers qui ont pris soin de moi lorsqu'eux, mes parents, n'ont pas eu le temps d'être là pour moi. Ces étrangers qui ont aidé à bâtir l'homme meilleur que je suis devenu. Ces étrangers qui m'ont aidés à comprendre et à aimer mes parents avec leurs lacunes et leurs défauts. Ces étrangers pour eux qui sont comme ma famille pour moi. C'est frapper ceux qui font que j'aime mes parents.
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Après j'ai eu de la peine. De la peine de croire que peut-être ma mère pensait vraiment tout ce qu'elle avait écrit.
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De la peine de voir que malgré tout j'ai pas pu m'empêcher de me demander si toutes ces reproches étaient fondées. De la peine de douter de moi encore une fois. D'être encore un enfant devant ma mère, cette figure d'autorité qui n'a plus sa raison d'être.
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J'ai appelé ma mère aujourd'hui. J'ai su pourquoi toutes ces insultes.
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Mon petit frère a quitté son emploi. Mon petit frère est retourné chez mon père. Mon petit frère à entrepris une cure de désintoxication.
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Ma mère pleure. Ma mère décompense en se vengeant sur son autre fils. Ma mère évite de frapper le fils qui est a terre en frappant l'autre qui tient debout.
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Ma mère est inquiète. Ma mère ne comprend pas.
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Elle est incapable de dire qu'elle s'ennuie. Elle est incapable de dire qu'elle a peur. Elle est incapable de dire qu'elle a besoin d'aide. Elle est incapable de dire qu'elle ne comprend pas.
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Elle est fâchée contre elle. Elle est fâchée contre mon frère. Elle est fâchée contre mon père. Elle est fâchée contre la vie. Ma mère est une femme amère.
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Elle exprime sa colère ou elle croit ne pas faire de mal. Là ou ça va bien. Chez moi.
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Elle est triste que mon frère soit entré en désintox. Je suis fier que mon frère se soit pris en main.
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Alors qu'elle a de la peine de le voir enfoncé si creux, rongé par les cernes et la dope, plus maigre que je suis mince, je suis fier de mon frère qui a eu le courage de dire "C'est assez".
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Qu'il ai eu le courage de dire à ces parents que nous avons tous deux tellement peur de décevoir qu'il avait besoin d'eux. Qu'il n'était plus capable. Qu'ils avaient échoué à faire de lui un homme dont ils seraient fier.
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Qu'il ai eu le courage de leur dire "Voilà, je suis la déception de votre vie que vous me reprochez silencieusement depuis des années d'être. Vous aviez raison, je ne suis pas un homme. Je suis un enfant de la drogue et de l'alcool et à 20 ans je suis incapable de vivre sans vous."
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"Vous m'avez tellement prouvé que j'en étais incapable que je m'en remet à vous. Maman, papa, je m'appelle Benoit, j'ai 20 ans, je suis un alcoolique et un drogué."
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"Maman, Papa, je ne m'aime pas. Prenez soin de moi. Aimez moi à ma place car je ne sais pas comment faire"
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"Maman, Papa, vous aviez raison."
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Papa se terre dans le silence. Il dit que mon frère ne peut pas rester à ne rien faire chez lui. Qu'il doit se trouver un emploi. Qu'il ne peut vivre à éternellement. Que pour qu'il aille mieux il faut qu'il aille une vie normale.
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Mon frère est malade mais mon père ne l'accepte pas. Mon père n'accepte pas d'avoir finalement eu raison. Papa avait raison, son plus jeune est un incapable et un lâche. Papa avait raison et maintenant son plus jeune à échoué sa carcasse sur le divan de son salon, bougeant avec peine, intoxiqué par les démons du sevrage. Papa a honte d'avoir eu raison.
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Maman ne sait pas quoi faire. Maman n'a qu'une référence, sa maman à elle. Et sa maman à elle ne lui a jamais dit quoi faire quand ton grand petit garçon de 20 ans est un alcoolique et un drogué. Quand ton grand petit garçon de 20 ans pleure parce qu'il n'a pas bu depuis 48 heures et que son corps réclame le poison avec lequel il tue son mal intérieur. Quand ton grand petit garçon de 20 ans te laisse finalement avoir raison sur le fait qu'il ne peut pas vivre sans toi.
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Maman ne sait pas quoi faire parce que les reproches et l'amertume ne sont plus des preuves d'amour envisageable et qu'avec les années elle a oublié qu'aimer son enfant c'est aussi le prendre contre son sein en lui caressant les cheveux et lui dire qu'on va toujours l'aimer.
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Maman ne sait pas quoi faire parce qu'elle n'a rien trouvée à manger dans le frigo de son grand petit garçon de 20 ans lorsqu'ils sont allés le chercher mais qu'elle a trouvée toute sa vaisselle sale dans le grand panier à linge du garde-robe de sa chambre parce qu'il l'avait caché par honte de son incapacité.
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Et moi, le Jeune Homme? J'aimerais tous les appeler pour leur dire que je les aime et que je tiens à eux.
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Mais je ne suis pas capable de dire à cette mère qui banalise ces insultes avec lesquelles elle décompense sur moi que je l'aime et qu'elle a le droit d'avoir peur. D'avoir de la peine. De ne pas savoir quoi faire.
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Mais je ne suis pas capable d'appeler ce père qui se terre dans le silence pour l'écouter respirer tout le poids de ces 47 ans de silences trop lourds qu'il ne sait pas comment exprimer.
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Parce que je ne suis pas capable d'écouter ce grand petit garçon de 20 ans me dire que tout ira bien parce qu'il cesse de prendre cet alcool et cette herbe qui empoisonnent son cerveau alors que je sais que la poudre d'étoile qui remontent par ses sinus est un démon qu'il ne vaincra pas avant d'avoir simplement déçu ses parents une fois de plus en terminant la dernière ligne de cet aveux qu'il sniffe trop souvent par le point d'une franchise qu'il a encore trop peur d'avoir.
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Cette damnée poudre d'étoile qui lui donne l'once de courage qu'il faudrait qu'il perde pour finalement dire à ses parents "Maman, Papa, regardez l'homme que vous n'avez pas aidé à construire et constatez l'étendu de l'échec qu'ensemble vous avez bâti".

21.8.07

Hystérie Familliale ou Comment ma Mère Accoucha de Moi lors d'une Mammographie Extrême...

Il y a 23 ans et des poussières ma mère enfantait l'auteur de ces mots dans la douleur et les gros mots.
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C'est qu'elle avait hâte d'en avoir terminée la mère. 18 heures de travail, c'est long tout de même semblerait. Et puis, elle avait pas pu en griller une depuis 9 mois.
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Elle avait VRAIMENT hâte de pouvoir s'allumer une délicieuse DuMaurier King Size aussitôt le bébé évacué. D'ailleurs elle avait donnée 2.85$ à sa mère quelques heures plus tôt justement pour qu'elle aille lui en acheter un paquet.
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Est-ce que vous savez comment ça se passe un accouchement? Ou comment ça se passait entk à cette époque ?
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Bin moi j'en ai pas trop idée. Sauf que j'suis persuadé que celui de ma mère à du marquer le personnel soignant à jamais.
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Semblerait que lorsqu'on commence à avoir de fortes contractions, l'infirmière vous donne des poignées pour vous aggriper, question de pas vous arracher là face ou les draps du lit.
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C'est logique quand on y pense.
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Sauf que l'infirmière qui s'occupait de ma mère cette journée là débutait.
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Et on dira que c'est une bonne idée les poignées, encore faut il savoir quand il faut les donner.
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C'est quand qu'on considère que c'est des assez grosses contractions?
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Ben quand ma mère a attrapée le sein gauche de l'infirmière lors d'une contraction particulièrement...euh...sportive, et l'a serrée de toutes ses forces jusqu'à la fin de la-dite contraction, j'crois que tout le monde en est arrivé à la conclusion que le moment pour donner les poignées, c'était il y a 5 minutes.
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Il parait que l'infirmière a conservée les marques de son erreur pendant des jours.
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Par contre, je suis sur qu'aujourd'hui ses clientes ont les poignées dans les mains avant de débarquer du char dans le parking de l'hôpital de Shawinigan.
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Morale de cette histoire:
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1: Dans la vie on apprend de nos erreurs...
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2: Un toton c'est sensible en sivouplait...
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3: Une femme qui contracte, ça contracte de partout pis ça contracte en osti.

6.7.07

Deux Frères

Ils sont deux garçons. L'un de 14 ans, l'autre de 11. Deux petits frères dans la forêt.
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Ils étaient au chalet familial, perdu dans le bois à environ 140 kilomètres au nord de Rivière-au-rats. Loin de tout.
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Sans électricité, sans eau courante. Même la radio qu'ils ont emportés avec eux au chalet ne capte aucun poste. Ils sont là pour une semaine dans le silence.
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Évidemment, ils n'y sont pas allés seuls. Ils sont avec leur père, leur oncle et quelques cousins.
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Nous sommes au mois de Juillet. Il faut beau, les insectes bourdonnent.
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Lorsqu'ils se sont levés ce matin là, le soleil tapait déjà, implacable dans l'humidité de cette nature étouffante. Le sol spongieux de la forêt cale un peu sous leurs pas lorsqu'ils avancent de plus en plus lentement entre les arbres et les buissons de framboisiers.
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Vers midi ils ont demandés à leur père la permission d'aller pêcher de l'autre côté de la pointe. Après quelques tergiversations ils ont eu son accord. Ce n'est pas très loin.
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Le chalet est sur le bord d'une plage. Il est construit du coté du lac de la péninsule qui s'étire tel une langue avide dans la grande étendue d'eau. Derrière le chalet, à environ un demi-kilomètre, On retrouve encore le lac.
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Un demi-kilomètre ce n'est pas très loin.
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Ils sont donc parti à pied vers 13h00, avec leurs cannes à pêche, 2 canettes de pepsi et un panier à poisson pour les prises qu'ils imaginent déjà nombreuses.
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Ils sont allés de l'autre côté de la péninsule hier avec leur père. Ils ont fait le tour, en chaloupe, et ils ont attrapés 3 dorés, dont un de près de 4 lbs, et 1 gigantesque brochet de 12 lbs et demi. Un monstre.
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Ils sont parti la tête pleine de la gloire qui coulera sur eux quand il reviendront vainqueurs au chalet avec leurs prises.
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Et ils marchent de plus en plus lentement. Le doute s'est installé dans la tête du plus vieux.
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Un demi-kilomètre, c'est pas si loin. Pourtant ils marchent déjà depuis un bout.
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Il tait ses doutes pour ne pas alarmer son petit frère qui chante on ne sait trop quelle chanson, le sourire aux lèvres. Il ne veux pas qu'il cesse de sourire, déjà que plus tôt il a un peu boudé parce qu'il voulait boire son pepsi tout de suite et que son grand frère lui a dit d'attendre d'être rendu sur le bord de l'eau sinon il n'aurait plus rien à boire de l'après-midi.
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C'est un boudeur le petit frère, mais pas un rancunier. Il oubli vite les contrariétés de la vie.
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Mais c'est pas un idiot non plus le cadet. Il s'est aussi rendu compte qu'ils marchaient depuis longtemps.
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Deux fois déjà il a demandé à l'aîné s'ils étaient bientôt arrivés. Deux fois l'aîné à dit que ce n'était probablement plus très loin. Mais déjà le manque d'assurance pointait dans sa voix la deuxième fois.
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Les deux frères ont cessés de marcher. Ils regardent l'immense étendue de la forêt autour d'eux, cherchant un signe, un repère. Si seulement ils pouvaient voir poindre au travers de la ligne d'arbres l'eau qui brille, ils sauraient qu'ils approchent du but.
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Tout autour d'eux n'est qu'arbres, framboisiers, verdure. Plantes qui piquent, qui grattent, qui accrochent aux vêtements.
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C'est d'une voix mal assurée que le plus jeune demanda au plus vieux s'ils étaient perdus. Et c'est d'une voix construite que le mensonge qu'était le mot "non" lui fut répliqué.
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Ils ont continués à marcher pendant un bout, selon la volonté du plus vieux.
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Le cadet avait cessé de chanter. Il avait cessé de demander s'ils étaient bientôt arrivés. Il avait cessé de penser à sa canette de pepsi qu'il avait hâte de boire.
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Le silence de la forêt n'était plus dérangé par aucune parole, par aucune chanson. Juste par les pas de plus en plus rapide des deux frères qui dans leur toute jeune logique avaient d'un silencieux accord tacite décidé que s'ils marchaient plus vite ils s'en sortiraient plus rapidement, quitte pour une bonne frousse jamais exprimée, même pas entre eux.
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Et puis le plus âgé des deux n'a qu'une idée en tête. Ils sont sur une péninsule. Trois des quatre côtés mènent à l'eau.
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Peu importe la baie et les poissons. Peu importe la pêche miraculeuse. Peu importe les deux pepsi qui réchauffent dans le panier à poisson. S'ils trouvent....Quand ils vont trouver le lac, ils n'auront qu'à suivre la berge pour retourner au chalet.
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Cette idée rassure le plus vieux et lorsqu'il voit que les larmes commencent à perler dans les yeux du plus jeune, il lui explique tout. Il lui dit comment ils tomberont immanquablement sur l'eau, comment ils suivront le lac, comment ils reviendront au chalet en buvant leurs pepsi, même si les canettes sont chaudes.
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Il lui dit que ce n'est pas grave s'ils n'arrivent pas dans la baie, qu'ils pêcheront en rentrant au chalet.
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Mais le plus jeune n'est pas idiot. Lui aussi est doté d'une logique solide quoi qu'infantile. Qu'est-ce qu'on fera si nous sommes allés trop à droite et que nous avons manqués la baie, que nous sommes sorti de la péninsule, que nous nous enfonçons dans la forêt ?
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Logique infantile qui n'avait pas de solution rationnelle à proposer contrairement à celle du plus vieux, mais qui avait une capacité beaucoup plus grande à voir les désastres imminents, comme on arrive encore à voir le monstre sous notre lit lorsque l'on est encore suffisamment jeune.
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Changement de trajectoire, pour rassurer le plus jeune, mais aussi parce que prendre une décision permet au plus vieux de ne pas céder à la panique. plutôt que d'aller tout droit, ils s'orientent un peu plus vers la gauche, question d'augmenter leur chance d'atteindre le lac.
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Le plus jeune est rassuré. Dans sa logique d'enfant son grand frère à tout compris, il sait tout. Il lui a dit pour la question de la mauvaise direction et du fait qu'ils avaient peut-être manqués le lac. Son grand frère à réagi, il a pris une décision, la bonne. Son grand frère prend toujours les bonnes décisions.
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Le plus vieux est inquiet. Il n'avait pas pensé qu'ils avaient pu dévier vers la droite. Ils ont du faire quelques détours pour éviter les énormes bosquets de framboisiers qui poussent un peu partout. S'ils sont allés trop à droite ils auront de la difficulté à retrouver le lac. Et leur père sera fâché qu'ils se soient perdu. Et ils n'ont que deux pepsi. Il doit absolument retrouver le lac pour ramener son frère au chalet. Il a déjà peur de passer la nuit seul avec son frère dans la forêt, sans rien pour se défendre, sans rien à manger.
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Il ne dit rien. Son cadet semble rassuré, c'est ce qui compte. Il ne faut pas inquiéter les gens pour rien. Il saura bien trouver une solution si à la nuit tombée ils sont encore perdus. Il sait qu'ils sont perdus.
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Le plus jeune sait qu'ils ne sont pas perdus. Ils ont juste pris un détour, mais ils vont bientôt arriver au lac. Ils suivront la berge et ils pêcheront en retournant au chalet. Il a déjà hâte de boire son pepsi. Même s'il est chaud. Et il veut attraper un brochet aussi gros que celui que leur papa a sorti de l'eau hier après midi, dans la baie pour laquelle ils sont partis vers les 13h00.
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Le plus vieux marche en regardant partout autour de lui. Il a discrètement regardé sa montre pour ne pas que le plus jeune ne lui demande quelle heure il est. Il est près de 16h00. Cela fait donc près de trois heures qu'ils sont partis. Il n'a que 14 ans mais il sait que ça ne prend pas trois heures pour parcourir les 500 mètres qui séparent le chalet de la baie.
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Il est même pas mal certain que ça ne prendrait même pas trois heures pour partir du chalet et atteindre le bout de la péninsule. En fait, il commence même à se dire qu'en suivant la berge du chalet à la baie, ils en auraient eu pour moins de trois heures.
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Il sait qu'ils ont déviés vers la droite. Il sait qu'ils ont manqués la baie. Il sait qu'ils sont en pleine forêt.
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Il commence à penser aux ours, à la noirceur. Il commence même à penser aux indiens. Leur père lui a dit qu'il y en avait dans le coin et qu'il valait mieux ne pas les contrarier. Eux vivent ici, pas nous. Peurs irrationnelles dans un esprit qui surchauffe de panique intérieure.
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Le plus jeune se dit qu'ils vont bientôt arriver au lac. Le plus vieux se dit que s'ils continuent dans cette direction là, ils ne le trouveront peut-être jamais. S'ils sont vraiment trop allés à droite, ils feraient mieux d'aller directement à gauche, pour être certains de trouver la berge. Il ne sait pas trop quoi faire.
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Dans sa tête de jeune adolescent, il est persuadé qu'il ne faut pas trop changer souvent de direction. Mais il ne peut pas s'en empêcher.
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Ils tournent à gauche, le plus jeune demande pourquoi. Le plus vieux lui répond que c'est juste pour être certain qu'ils ne se perdront pas. Il sait qu'ils sont déjà perdu, mais il ne veut pas le dire. Il refuse de l'admettre à voix haute. Mettre des mots sur leur situation ne la rendrait que plus tangible et réelle.
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Le cadet à compris. Vous le savez, il est jeune, mais il n'est pas idiot.
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Plus ils s'enfoncent dans la forêt, les framboisiers égratignant leurs jambes, les branches basses se prenant constamment dans leurs cannes à pêches, le panier à poisson qui frappe contre les côtes du plus vieux, avec les deux pepsi chauds à l'intérieur, plus ils comprennent à quel point c'est grand la forêt. À quel point c'est facile de s'y perdre. À quel point ils y sont perdus.
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Le plus jeune sanglote, gémi. Il reproche au plus vieux de ne plus savoir où ils sont. Le plus vieux s'impatiente, il n'a pas l'énergie pour essuyer le flot d'insulte que le plus jeune fait pleuvoir sur lui. Il se sent responsable mais ne veut pas admettre que ce soit sa seule faute. Il lui dit de se taire et se met à avancer plus vite, distançant son petit frère.
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Le plus jeune hurle. Il lui crie de l'attendre, qu'il ne veut pas rester tout seul, qu'il a peur. Le plus vieux lui répond de se dépêcher, d'arrêter de sangloter, de cesser de faire l'enfant. Les deux frère se crient maintenant par la tête.
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Au milieu de leurs cris s'élève une troisième voix, lointaine, masculine, adulte.
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Les deux jeunes se taisent. C'est le silence dans la forêt. Le plus vieux écoute attentivement, voir s'ils n'ont pas hallucinés.
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Le plus jeune ne s'embarrasse pas d'écouter. Il hurle de sa voix claire d'enfant pour qu'on viennent les chercher. La voix adulte leur répond. C'est leur père.
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Une heure après leur départ il a décidé d'aller vérifier si tout allait bien. Il a pris la chaloupe et s'est rendu dans la baie. Lorsqu'il a constaté leur absence, il a attaché l'embarcation et a fait le chemin inverse, à travers les bois, jusqu'au chalet.
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Il ne l'est a pas vu, il s'est inquiété. Lui et les autres ont alors fait une ligne, laissant une centaine de mètres entre chacun d'eux, et ils ont traversés la péninsule jusqu'à la baie. C'est comme ça qu'ils sont tombés sur les deux frères.
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Les deux garçon ont beaux dire qu'ils n'ont pas eu peur, les lignes claires sur les joues sales du plus jeune et le léger tremblement dans la voix du plus vieux ne mentent pas.
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Ils ont été quitte pour une bonne frousse. Leur père aussi.
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Cette journée là personne n'est allé pêcher. Mais ce n'est pas grave.
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Il restant l'énorme brochet de la veille. Ils en ont donc fait un festin et tout le monde s'est couché heureux et repus, conscient du silence de l'immensité de la forêt qui les entourent, même sur la péninsule.
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Tiré de la jeunesse du Jeune Homme. Le plus jeune ou le plus vieux ?

19.3.07

Le p'tit frère

Mon p'tit frère est jeune. Il le sera toujours. Comme tous les petits frères.
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Mon p'tit frère ne parle pas beaucoup, c'est un homme. Un vrai. De ceux qui n'ont jamais de sentiments, mais qui boivent. Qui fument. Qui se perdent dans la drogue.
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Mon p'tit frère c'est un vrai dur, il ne dit pas qu'il aime. Aimer, quand t'es un dur, c'est être faible.
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Mon p'tit frère s't'un chilleux, un rappeur, un p'tit cool. Avec les jeans trop grand, les cheveux en bataille et la barbe mal rasée, il affirme sa différence en débitant tous ces mots, à la vitesse d'une mitraillette.
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Mon p'tit frère je l'aime à ma manière, et il me le rend bien, à la sienne.
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Mon p'tit frère vient d'enregistrer, mon p'tit frère j'en suis fier. Il m'a même fait une chanson.
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"Brother"
J'ai rien d'un sage.
Même si j'ai un language,
Digne d'être dans les page.
De l'histoire peut-être,
Un peux trop noir.
Mais tout le monde a des moments difficiles,
Ne réussit pas à mettre le doigt dans le mille,
Pour trouver ce qui nous rend si troublé,
Pourquoi je me sens si boulversé.
Peut-être que j'ai de la misère à me faire comprendre,
Et qu'en écrivant je vais me faire entendre,
Dire tout ce qui me rentre dedans,
Depuis que je suis enfant.
Jeune,
Délaissé.
Depuis que mon frere a un jour avoué son homosexualité.
Mes parent se sont mis à l'écouter,
Pour essayer de l'aider,
Tandis que moi un peut oublié.
Ils m'ont dit que j'étais normal,
Mais peut-être que cela a affecté mon mental.
Plusieur se sont mis à m'écoeurer,
à cause de cette dur réalité.
Ils m'ont dit que moi aussi j'étais gai,
Et que c'étais de l’héridité.
Vue que ton frère l'est toi aussi tu l'es.
Bien souvent on a voulu me tabasser,
Mais je m'en suis toujours sauver.
Peut-être en négligeant un peut ma personnalité,
Mais aujourdhui je vais l'avouer:
Que mon frère soit gai,
Ça n'a rien changé,
Je lai toujour accepté
Car rien ne pourras jamais nous séparer.
Pour rien au monde je voudrais l'échanger
Ou le modifier.
Je me suis habitué à mon grand frère,
Et de lui j'ai vraiment de quoi être fier.
Juste surmonter ce moment de sa vie plein de tourment.
Je te lève mon chapeau l'gros,
Même si notre relation n'a pas toujours été au beau.
Comme on dit après la pluie le beau temps,
Ceci est arrivé souvent,
Quand on étaient enfants,
On a eu beaucoup de différents
Mais même si on me donnerait tout l'or du monde je voudrais pas que se se sois passer autrement.
Qu'on me kill si je mens.

Je sais que s'à a pris un bout de temps,
Avant que j'en parle.
Mais peut-être que cette epreuve a arreté de me rentrer dedans.
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Le texte passera peut-être pas à l'histoire, et puis je suis pas vraiment un fan de rap, mais tout de même. Quand quelqu'un dit jamais qu'il aime ou qu'il aime pas, qu'il va bien ou pas, quand il te sors quelque chose comme ça, t'es heureux...