If I was invisible...Wait, I already am !

Affichage des articles dont le libellé est Le Waiter. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Waiter. Afficher tous les articles

12.9.09

La Vieille Waitress

Ce texte fera probablement sourire toute personne qui a déjà travaillée en restauration et laissera probablement perplexe toute personne n'ayant jamais connue ce domaine.
.
La Vieille Waitress. Un titre de texte, un mythe, un fait réel.
.
Du moins réel pour bien des gens de la restauration, pour moi et pour les collègues, pour les habitués de ce domaine qui ont décidé de faire carrière ou qui ont peur d'y finir leur jour par dépit.
.
La Vieille Waitress.
.
D'où vient l'idée d'un texte sur ce sujet? D'une, voir, de plusieurs conversations avec Verbatim au cours des dernières semaines.
.
Comme certains d'entre vous le savez, après une pause de plusieurs mois de la restauration, après plusieurs mois de réflexion, de remise en question, d'auto-évaluation, Verbatim est revenu cet été au sein de notre équipe, sur notre terrasse, au coeur de la Vieille-Capitale.
.
Verbatim est visiblement épuisé de la restauration. Une grande perte d'ailleurs, car Verbatim est un atout de taille dans une équipe, un serveur comme il s'en fait peu, un collègue de travail intègre et compétent, un leader. Verbatim est une étoile quoi!
.
Mais verbatim s'est fatigué de s'épuiser d'années de restauration, brûlé par les longues heures, le manque de reconnaissance des patrons et du domaine, l'incapacité d'avancer sans se brûler les ailes, l'insécurité financière, les douze heures passée debout sans manger et sans boire.
.
Verbatim s'est épuisé de ces collègues de travail toujours parti fumer, toujours parti manger, toujours en retard, toujours en train de jaser au lieu d'astiquer des verres, des ustensiles, de faire du ménage, de remonter des tables.
.
Verbatim s'est épuisé de ces collègues de travail toujours en retard, toujours pressés de faire leurs caisses, toujours premiers parti.
.
Verbatim s'est épuisé de travailler avec des gens de plus en plus jeunes alors que lui vieillissait, de travailler avec des gens de moins en moins dédié au domaine et de plus en plus là pour l'argent. Ces gens qui ont de moins en moins d'expérience et de talent par rapport à lui.
.
Ces gens qui rentrent après lui, qui partent avant lui, qui fument 6 cigarettes durant leur quart de travail, qui ne sont jamais disponibles pour remplacer mais qui veulent toujours être coupés ou en congé.
.
Je dis verbatim... Je pourrais aussi dire le Jeune Homme.
.
Le Jeune Homme est moins affecté... Pour l'instant.
.
allez savoir si c'est parce qu'il est plus fort, ou parce qu'il s'y consacre depuis moins longtemps, ou parce qu'il est plus stupide, ou parce que lui aussi va fumer de temps à autre.
.
Mais le Jeune Homme et Verbatim se reconnaissent de plus en plus souvent dans ce mythe qu'est ''La Vieille Waitress''.
.
Et c'est là que les gens de la restauration laissent échapper un amer sourire pendant que les non-initiés se demandent: '' Mais qu'est-ce que la Vieille Waitress''?
.
He bien, laissez-moi vous expliquer.
.
D'abord il faut que vous sachiez que tout restaurant ouvert depuis plus de 10 ans et/ou étant possédé par quelqu'un ayant trempé de près ou de loin dans la restauration au cours des 10 dernières années en est pourvu.
.
Si la Vieille Waitress n'est pas invariablement une femme, elle l'est plus souvent qu'autrement. Ne nous le cachons pas, jusqu'à tout récemment la restauration était un domaine presque exclusivement féminin pour ce qui à trait au service.
.
Si certains établissements de haut niveau se targuaient d'engager une majorité d'homme, la plus grande parti des établissements de restaurant accessible à la majorité employaient majoritairement, voir exclusivement, des femmes. Parfois quelques étudiants.
.
MAIS! Mais les ''Carriéristes'' étaient majoritairement des femmes.
.
Si une bonne parti d'entre elles ont aussi suivi un cours de coiffeuse et/ou esthéticienne et/ou tout autre emploi du genre, elles sont revenues en restauration.
.
Ces femmes ont choisi la restauration, pas nécessairement par passion, mais par défaut.
.
Pas qu'elles n'aimaient pas ce qu'elles faisaient. Elles ont juste fait l'erreur que beaucoup de professionnels de la restauration font. L'argent vite fait bien fait vite dépensé est une drogue dont peu de gens réussissent à se libérer.
.
Souvent l'ont peut dire que ces Vieilles Waitress furent à une autre époque de véritables Queens de la restauration. Elles ont souvent un CV impressionnant et si vous vous attardez quelques minutes à parler passé avec elles vous serez surpris des histoires qu'elles pourront vous sortir.
.
Histoires glorieuses? Rarement. Souvent les termes qui qualifient leur chemin de vie est acharnement, endurance, patrons abusifs. Ces femmes se sont battues pour rester intègres à elles-mêmes et, pour la majorité, elles le sont restées.
.
Les Vieilles Waitress sont respectées de leurs patrons et de leurs collègues, craintes voir. Souvent tournées en dérision lorsqu'elles sont absentes, rares sont ceux qui osent leur tenir tête face à face.
.
La Vieille Waitress Typique est habituellement agée entre 40 et 55 ans. Plus vieille employée du restaurant, elle a priorité sur les horaires et les sections.
.
L'horaire qui lui convient, c'est à dire de jour du mardi au samedi, la section de son choix, c'est à dire la plus payante tant qu'elle est capable, la plus facile à travailler (la plus proche de la console/ordinateur/cuisine) quand ce n'est plus le cas.
.
Ici se divise en deux le Mythe de la Vieille Waitress. Voyez pourquoi.
.
Certaines femmes sont exceptionnelles de par leur nature. Elles ont la cinquantaine, vous la jeune vingtaine et, si vous prenez quelques minutes pour vous arrêter et y réfléchir, vous comprenez que jamais, je dis JAMAIS, vous n'arriverez à en faire autant qu'elle rendu à cet age, aussi pathétique puisse-t-elle être par instant.
.
D'autres sont juste pathétiques. Voilà. Ces dernières sont habituellement WAYYYYY MUCH plus simpathique que les autres.
.
Mais certains points font qu'elles sont toutes, d'une certaine manière, ces Vieilles Waitress admirables mais qu'on aime détester.
.
-La Vieille Waitress est toujours dans la section 1. la section 1, dans n'importe quel restaurant, est la section la plus payante. Quelle soit grande ou petite vous pouvez être sur que c'est la première section à se remplir et celle ou, même les jours les plus morts, vous ne repartirez pas bredouille.
.
-La Vieille Waitress défendra SA section 1 bec et oncles contre tout envahisseur, que cette intrusion soit justifiée ou non. Et ne croyez surtout pas avoir l'appuie de votre patron si d'aventure vous vouliez y mettre le bout de votre petit orteil alors qu'elle est sur l'horaire. Votre patron est persuadé que son restaurant sombrera dans la faillite à la minute ou SA Vieille Waitress venait d'aventure à quitter, même si tout le monde sait pertinemment que a) le resto se porterait mieux sans elle et b) Ou pourrait-elle bien aller?
.
Si entre la section 1 et une autre section se trouve une table volante (table que deux serveurs s'alternent à tour de rôle) vous pouvez être certains que la Vieille Waitress n'aura jamais le temps de prendre la table volante mais qu'elle sera prête à vous crucifier sur la porte battante de la cuisine avec des pics a brochette si d'aventure vous prenez cette table alors que ce n'est pas votre tour. Il est de mise de laisser les clients attendre 15 minutes sans qu'elle aille les voir, jusqu'à ce qu'ils s'impatientent et soient prêt à sauter une solide coche, avant qu'elle ne vous les refile. Tenez vous le pour dit.
.
La Vieille Waitress est toujours sur place 15 minutes avant sont chiffre pour prendre un café et vérifier que vous avez tout fait avant qu'elle ne commence. Ne vous trompez pas, elle n'est pas lâche. La preuve, elle sera probablement la dernière à quitter après avoir rempli sa console de travail, ses sucriers, ses salières et poivrières. Elle aura fait astiquer les verres et les ustensiles par le bussboy ou le suiteur et aura eu le temps de parler un peu avec tout le monde. Quand elle quitte sa section est impeccable. Elle doit aussi l'être quand elle arrive, PEU IMPORTE que vous ayez passé les 4 dernières heures à courir comme un imbécile, dépassé par les évênements, et que vous ayez fait 3 fois et demi l'impossible. Aucune explication possible avec la Vieille Waitress.
.
La Vieille Waitress donne ses ''cotes'' (pourcentage des ventes que nous devons verser) au personnel de soutiens à la cenne près, arrondissant parfois généreusement au dollar près lorsqu'elle considère que ''la petite fille et/ou le p'tit gars'' a bien travaillé. C'est à dire qu'il s'est décarcassé pendant 8 heures pour lui permettre de faire 280 dollars, elle daignera lui donner 14$ plutot que 13.25$ alors que tout serveur de moins de trente ans filera un 20$ sans même se poser la question.
.
La Vieille Waitress entretient rancoeur et haine envers pratiquement tous ses collègues de travail et aimes tous et chacun à la fois. La Vieille Waitress à comprise et assimilée un concept propre à la restauration. On est amis AVANT et APRÈS le travail. Dommage qu'elle ne voit jamais personne en dehors du travail.
.
La Vieille Waitress ne demande JAMAIS d'aide d'un collègue de travail... Et n'en offre jamais. Au mieux elle abuse à souhait des services du personnel de soutiens, monopolisant ces derniers, privant les autres serveurs de leur aide si utile.
.
Une Vieille Waitres dans l'fond, c'est le pilier d'un établissement ainsi que la pire plaie que ce dernier puisse connaître.
.
Une Vieille Waitress, c'est tellement de chose qu'un seul post ne pourrait résumer l'ensemble d'un personnage aussi complexe et carricatural.
.
Voilà pourquoi le Jeune Homme s'arrête ici ce soir. Posez vos questions, nous y reviendront plus tard cette semaine.
.
Posez aussi vos questions sur la restauration. Le Jeune Homme à envie de démystifier son domaine, de décrier les clichés, de dénoncer les fantomes.
.
Allez-Y!

Speak Loud!

5.8.09

Une Waitress Insatiable et un Jeune Homme, 70 Heures par Semaine

Un Jeune Homme au Resto 70 heures semaines, qui se démène. Un Jeune Homme qui a pris en charge un resto sans coup de main de ses boss, qui a passé des heures, des jours, à se casser la tête, à chercher quel fournisseur appeler pour telle ou telle chose, quel technicien répare tel ou tel truc.
.
Un Jeune Homme et une Waitress Insatiable devenue assistante-gérante qui ont engagé un chef du double de leur age, conscient de l'ironie de la situation.
.
Un Jeune Homme et une Waitress Insatiable qui ont travaillés comme des nègres pour arriver en temps et en heure pour l'ouverture de leur terrasse.
.
Un Jeune Homme et une Waitress Insatiable, 70h00 semaine, toujours présents pour tous et chacun, qui tiennent ensemble tous les morceaux de ce gros casse-tête.
.
Un Jeune Homme et une Waitress Insatiable qui ont fait de leur mieux et qui ont bien fait. Le Resto est en santé, le Resto est rentable, le Resto n'a pratiquement pas de problème.
.
Un Jeune Homme et une Waitress Insatiable qui travaille pour une société qui possèdent plusieurs entreprises.
.
Un Resto qui est la seule entreprise d'une société à vraiment faire de l'argent par les temps qui courent, des gestionnaires nerveux qui nous poussent à tenir les comptes serrés, qui nous tiennent à la gorge à chaque sous dépensé, qui vérifient et contre-vérifient chaque cenne noire dépensée.
.
Des gestionnaires sans respect qui n'ont même pas la décence de remercier un Jeune Homme et une Waitress insatiable qui font, cette année, des miracles avec 3 piasses et quart, 70 heures semaines et énormément de volonté.
.
C'était il y a quelques jours.
.
Un gestionnaire qui passe au resto et qui accroche le Jeune Homme.
.
Jeune Homme qui a engagé une employée de l'hôtel qui jouxte le restaurant.
.
Une employée dévouée, travaillante, prête à donner quelques heures au restaurant parce qu'elle apprécie le Jeune Homme et la Waitress Insatiable, l'Équipe.
.
Un Gestionnaire qui saute une moyenne coche parce que le Jeune Homme VOLE des employés a l'hôtel.
.
Une conversation entre un gestionnaire et un Jeune Homme qui dégénère sur les problèmes putatifs de l'hôtel et les répercussions sur un restaurant bien géré mais à la merci des problèmes du-dit hôtel.
.
Un Gestionnaire qui engeule un Jeune Homme gérant devant ses employés, qui le rabroue, le rabaisse, le descend, le méprise devant tous et chacun. Devant ses employés, devant ses collègues, devant des clients de l'hôtel et du restaurant.
.
Un Jeune Homme qui ravale ses paroles et qui plie l'échine pour le bien du Resto, pour ses employés, ses collègues de travail, sa Waitress Insatiable, assistante-gérante, partie pleurer en bas, seule, en cachette, pour soustraire au regard des autres une honte qui n'a pas sa raison d'être.
.
Le lendemain le même gestionnaire qui passe au resto comme le Jeune Homme revient d'un diner avec la Waitress Insatiable, en congé pour une rare fois. Ils ont parlés.
.
Un gestionnaire qui demande au Jeune Homme s'il a quelques minutes a lui accorder pour une discussion en privé.
.
Soupir discret du Jeune Homme. Quand fait y aller ben... Faut y aller.
.
La porte du bureau se referme derrière deux hommes qui n'ont pas envie de parler mais qui le doivent. Le Jeune Homme parce que son Patron l'exige, le Gestionnaire, parce qu'il en sent l'obligation.
.
Et le gestionnaire de débuter ainsi;
.
-Je suis désolé. Ce qui est arrivé hier est indigne de moi, ce n'est pas ainsi que j'ai habitude de traiter les gens et c'était injuste envers toi. Je sais que tu as raison, que vous avez des problèmes avec l'hôtel, que toi et la Waitress Insatiable faites de votre mieux. Vous faites, bien, vous faites mieux que tout ceux qui ont été à votre place avant vous. Vous faites des miracles sans argent, sans personnel, sans appuie de notre part et nous en sommes conscient. Jamais je n'aurais du te parler de cette manière, encore moins devant témoins et je ne peux que m'excuser platement. Nous sommes submergés sous les problèmes, je dors peu, j'ai overréacté et j'espère ne plus jamais revivre cette situation.
.
Un Gestionnaire qui, finalement, avait vu s'allumer cette étincelle au fond des yeux du Jeune Homme.
.
Une Waitress Insatiable et un Jeune Homme qui travaillent tout l'été 70h00 semaine, qui font de l'argent 70h00 semaine.
.
Et cette idée qui germe tranquillement.
.
Ils ont rencontrés des gens intéressants cet été. Des partenaires potentiels. Deux.
.
Un chef d'expérience avec un peu d'argent, et un jeune cuisinier, Sous-Chef, plein de volonté, qui possède aussi son petit cash down.
.
Une Waitress Insatiable et un Jeune Homme qui regardent tranquillement les locaux commerciaux à louer et qui pense de plus en plus sérieusement à leurs avenir.
.
Waitress Insatiable et Jeune Homme en affaire, propriétaires?
.
Ils sont assez fous. Ils en font déjà tellement pour une entreprise qui n'est pas la leur.
.
Toute cette énergie ne pourrait-elle pas être placée ailleurs, mieux investie, dans tous les sens du terme ?
.
Une Waitress Insatiable et un Jeune Homme d'honneur, qui termineront leur saison, par respect pour leur engagement, par respect pour leurs employés, collègues de travail.
.
Mais il reste une chose.
.
Il reste une Waitress Insatiable et un Jeune Homme fatigués de travaillés pour d'autres, une Waitress Insatiable et un Jeune Homme qui savent qu'ils peuvent faire beaucoup avec trois fois pas grand chose, une Waitress Insatiable et un Jeune Homme avec un petit cash down et des couilles grosses comme le monde qui, probablement bientôt, tenteront de révolutionner leur monde.

24.7.09

Une Faute Majeure.. , Faut Laisser Couler.

Histoire malheureusement véridique arrivée à un collègue de travail il y a quelques jours au resto.
.
Big Boy est serveur sur notre terrasse depuis le début de la saison. Habitué de travailler dans un pub c'est sa première expérience de service dans un restaurant.
.
Habituellement moi et la Waitress Insatiable n'engageons pas de gens sans expérience. Sans beaucoup d'expérience. La pression est forte durant l'été et nous demandons beaucoup de nos employés. Du rendement, de la vitesse, de la patience, une bonne forme physique, une stabilité émotive et mentale solide.
.
Mais Big Boy nous ayant fait forte impression nous l'avons essayé. Et puis il nous a favorablement impressionné alors il s'est joint à notre groupe déluré, partageant ses soirées avec le Jeune Homme, la Waitress Insatiable, Verbatim et tous les autres.
.
Big Boy mesure plus de 6 pieds et pèse plus de 200 lbs. Ancien joueur de football qui s'est retiré suite a une blessure majeure, sa beauté n'a d'égale que son charisme et sa gentillesse.
.
Un garçon en or quoi !
.
Il y a quelques jours le Jeune Homme faisait la soirée sur la terrasse avec Big Boy et un autre serveur. Beaucoup de clients. Vraiment beaucoup de clients.
.
Mais la soirée allait bien. Bon beat, les tables rentraient une après les autres, le roulement était constant.
.
Big Boy qui sert un couple dans la mi-quarantaine, Québécois corrects à défaut d'être sympathique.
.
Couple qui semble relativement aisé, sans être non plus riche à craquer. Un couple comme on en sert plusieurs fois à tous les soirs.
.
Big Boy qui sert deux cocktails au couple en apéro et qui prends la commande de bouffe et de vin pour la suite. Tout se déroule bien.
.
Lorsque le suiteur apporte les plats principaux à la table Big Boy apporte le verre de vin blanc de la Dame, lui souhaite bon apétit.
.
Il repasse ensuite quelques minutes plus tard pour s'enquérir de leur satisfaction. Hochement de tête positif sans même lui accorder un regard. On s'habitue, croyez pas.
.
Vient la fin du repas et le moment de l'addition.
.
Big Boy qui dépose sur la table une facture de 122.54$.
.
Monsieur regarde le détaillé de la facture et fait revenir Big Boy à la table.
.
"Nous avons très bien mangés mais cependant vous avez commis une faute majeure lors de votre service Big Boy"
.
Big Boy en toute humilité s'enquiert de la nature de cette faute. Il ne fait ce métier que depuis quelques semaines, il est conscient que quelque chose peut lui avoir échappé. L'erreur est humaine.
.
"Vous avez apporté le verre de vin de ma femme avant qu'elle ait terminée son cocktail"
.
Big Boy qui s'excuse tout en expliquant à l'homme qu'il a apporté le verre de vin de la Dame en même temps que son repas, comme prévu lors de la commande.
.
Et l'homme de ne pas répondre, de placer 125 $ dans le pad de facture et de dire a Big Boy qu'à l'avenir il devrait se souvenir de ne plus commettre ce genre d'erreur.
.
La femme silencieuse depuis le début du repas prend sa bourse, se lève et quitte la table, suivie de son mari, laissant notre pauvre Big Boy à la table, la machoire à terre.
.
Quand Big Boy est venu me trouver pour me raconter cette histoire je n'ai rien pu faire d'autre que de poser une main sur son bras et lui dire, avec un léger soupir ;
.
"Ya des gens qui feraient n'importe quoi pour pas te laisser de pourboire. Ce monsieur là doit jamais rien laisser au restaurant, il doit toujours trouver une raison de pas en laisser, question de se faire à croire qu'il n'est pas cheap mais plutôt un "consommateur averti"."
.
Et Big Boy de fermer les yeux quelques secondes, de prendre une grande respiration et de replonger dans la mer de monde sur la terrasse, le sourire aux lèvres, professionnel comme tout.
.
Big Boy ce soir là qui comprenait vraiment ce qu'on voulaient tous dire par " par fois il faut juste laisser couler et passer à la prochaine table".

16.7.09

une Grand-Mère Enragée

Ya de ces gens qui font preuve de mauvaise foi comme ils respirent, j'sais pas si vous comprenez ce que je veux dire.
.
Mardi soir au resto, le Jeune Homme est un peu fatigué. en fait depuis dimanche il a défoncé son 40 heures de travail, la Waitress insatiable, son assitante-gérante étant en congé pour depuis quelques jours pour cause d'épuisement intense.
.
Le Jeune Homme ne vous l'avait pas dit? Il a eu une promotion, il est maintenant Grand Manitou du restaurant. Pour quelques sous de plus de l'heure il a finalement endossé un maximum de responsabilité. Folie et passions marchent main dans la main, sur le bord d'un précipice et c'est à se demander si une des deux n'entrainera pas l'autre dans une longue chute mortelle.. m'enfin !
.
Une femme enceinte et son petit bébé en poussette accompagnés de Grand-Maman se présentent à la porte du restaurant vers 19h00 pour souper. Des Québécois en vacance à Québec pour quelques jours. Gentilles sans plus, le genre de clientes qu'on sert sans trop remarquer et dont on ne se souvient pas. Random People quoi .
.
Grand-Mère qui prend les pétoncles mi-cuits à l'émulsion de céleri comme entrée.
.
Amère déception. Cette entrée est délicieuse, le Jeune Homme y a goutée, les clients louangent le chef à chaque reprise.
.
Grand-mère n'aime pas
.
Et Grand-Mère qui a décidée que ce soit, ELLE NE SERAIT PAS SATISFAITE.
.
Arrivent les plats principaux, Grand-Mère est déçue.
.
Sa Bavette de Boeuf (un de nos plat les plus populaire) est trop grasse, il y a trop de sauce, cette dernière ne goûte rien, etc...
.
Jeune Homme appelé à la table par leur serveur à bout d'imagination.
.
Jeune Homme qui discute avec les deux dames, qui arrive à un arrangement. Jeune Homme qui sait que le plat servi est délicieux mais qui ne veut pas jouer le nom de son établissement pour une assiètte a 21 $.
.
Jeune Homme qui fait faire un filet mignon à Grand-Mère pour le prix de la bavette, en rush, devant toutes les autres tables, pour lui faire fermer la trappe.
.
Grand-Mère qui chiale a Gueule déployée que la bouffe est pas mangeable, qu'elle espère pas être malade, que c'est donc dommage de finir ses vacances de même, d'une voix extrêmement forte et déplaisante.
.
Grand-Mère qui cherche à faire un témoignage à voix haute dans l'intérêt public de spectateurs qu'elle n'a pas, les tables aux alentous étant pour l'instant innocupés, la majorité des clients étant en terrasse.
.
Le Jeune Homme d'avertir l'hôtesse de n'installer personne sur les tables autour sous AUCUN prétexte. Cette vieille folle est bien capable de se retourner pour dire aux nouveaux clients de quitter l'établissement jambes à leur cou s'ils tiennent à leur vie.
.
Jeune Homme qui voit le serveur leur apporter l'addition avec soulagement et appréhension à la fois, ayant observé discrètement la Grand-Mère se pomper elle même au cours des 45 dernières minutes et s'attendant au grand feu d'artifice final propre à ces gens qui ont décidé qu'ils ne seraient plus jamais satisfait.
.
Il y a trois marches qu'il faut monter pour entrer à l'intérieur du restaurant. Donc trois marches à descendre lorsque les clients quittent l'établissement.
.
En voyant la mère arriver devant les marches, enceinte, avec sa poussette, l'hôtesse s'avance dans les marches et propose à la mère d'aider à descendre son chargement tout en avançant les mains sur le devant de la poussette.
.
Grand-Mère en furie qui bouscule sa fille enceinte, dévale les marches et fou une claque à l'hôtesse, la projetant presque sur le pavé de la rue, en lui crachant que nous en avons suffisemment fait pour ce soir.
.
Sans un mot de plus, avec un simple dernier regard de mépris, elle descend brusquement le landeau, sans égard pour son petit fils et quitte sans se retourner, sans même attendre sa fille enceinte.
.
Cette dernière pose la main droite sur la rampe de l'escalier, descends pesemment chaque marche, et pousse son bébé lentement, d'une démarche lourde, vers la noirceur de la nuit, jusqu'à disparaitre dans la nuit.
.
Et le Jeune Homme d'avoir un pincement au coeur en se disant que la personne la plus déçue ce soir là n'aura probablement pas été la Grand-Mère mais la fille, polie, discrète et soumise qui seule s'en retourne derrière sa mère, gênée de gestes qu'elle ne posera probablement jamais....

9.7.09

BITCH IS BACK

Le Jeune Homme et Verbatim arrivent au resto vers les 16h00. Il pleut, il fait froid, il fait gris. Comme dirais Mlle Escobar, l'été est un concept teeeeeeeeellement 2008... Et même encore!
.
Et puis voilà le soleil qui se pointe le bout du nez, la température qui monte de 10 degrés et un Jeune Homme qui court sur sa terrasse, un ordinateur dans une main, une pile d'assiette à pain dans l'autre, pressé de faire sa mise en place.
.
Verbatim qui passe à côté, le Jeune Homme qui la prend par la main et lui pointe le soleil haut dans le ciel;
.
Tu vois la grosse boule de feu dans le ciel Verbatim? C'est le Soooooooleil!
.
On se passe de commentaire s'il vous plait.
.
La soirée avance et les clients arrivent, rendus comme fous par ce beau temps impromptue, inattendue, tellement bienvenue !
.
Des plats en direct, des Québécois cheap et chialeux, quelques Ontariens aux visages fades et sans traits et aux corps vêtus de linge ROOTS et autres marques de prédilections propres aux Canadiens Anglais.
.
Un Jeune Homme qui renait de ses cendres, pour votre plaisir, on l'espère !
.
Comme disait ce grand sage inconnu de tous;
.
THE BITCH IS BACK !

31.10.08

Une Question d'Argent

Vous savez, c'est pas toujours facile de se retrouver tout d'un coup de l'autre côté de la barrière. Pourtant c'est ce que j'ai fait cet été.
.
De quoi je parles ? De passer du côté employé à patron. Pourtant, j'étais encore un employé. Dans les faits, dans mon coeur.
.
Mais à partir du moment ou mon salaire a atteint l'astronomique 9$ de l'heure, j'avais changé de camp.
.
J'ai été chanceux, je n'ai pas perdu contact avec mes collègues. Le fait que j'avais une tache à temps plein de serveur y est pour beaucoup.
.
Même en étant leur boss je partageais leur quotidiens, je vivais leurs problématiques, j'étais victime des mêmes choses. J'avais seulement le pouvoir de faire pour le mieux avec les maigres moyens que j'avais.
.
Les gens n'apprécient pas l'argent, vous savez ?
.
Non, sérieusement.
.
Toutes les personnes avec qui j'ai travaillé cet été ont gagnés une petite fortune. Pas seulement les serveurs. Et même eux se plaignaient parfois.
.
J'peux juste pas comprendre.
.
J'arrivais pas à comprendre comment une fille de 19 ans qui est hôtesse peut se plaindre lorsqu'elle est payée 9.50$ de l'heure et qu'elle fait entre 80 et 100$ de pourboire par jour pour un chiffre de 8-10 heures.
.
J'peux pas comprendre qu'un commis soit déçu un mardi soir parce qu'il n'a fait que 70$ de pourboire alors qu'il est sencé avoir 1% des chiffres de ventes et que tout le monde arrondi sa cote par le haut.
.
J'peux pas comprendre un suiteur qui vient me voir en se plaignant de n'avoir eu que 96$ de paie claire alors qu'il a fait 80 heures a 8.50$ alors qu'il devrait être payé 7.75$, quand je me rend compte en regardant son talon de paie qu'il a fait 1600$ de pourboire en deux semaines et que c'est pour ça que l'impôt a gobé son salaire horaire.
.
Bordel, qu'est-ce que ça prend aux gens pour être heureux ?
.
Certains comprennent, d'autre pas.
.
J' ai un de mes serveur qui a travaillé de mi-juin a fin août et qui va vivre toute l'année sur ces revenus parce qu'il est étudiant et qui se trouve riche !
.
Vous faîtes quoi de tout cet argent?
.
Oui, je sais, l'été a pas été facile.
.
Ils étaient tous nouveaux, nous n'avons pas eu le temps de les former, ils ont accompli un travail prodigieux. Tout simplement prodigieux. Les propriétaires me l'ont dit. L'an prochain, tu peux tous les engager, ils peuvent tous revenir.
.
Et ils vont revenir, ils le savent que c'est extrêmement payant.
.
Mais pourquoi ne l'admettent-ils pas durant l'été, durant le rush?
.
Aussi égoïste que cela puisse paraitre, j'aurais eu besoin de ça.
.
J'aurais eu besoin que ces gens montrent un peu plus d'appréciation face à la chance que je leur offrait de travailler pour nous. Avec nous.
.
Que j'offre à ces gens la chance de faire parti de ma gang.
.
Ceux qui m'ont suivi d'autres emplois précédent n'ont eu que des bons mots. Ils m'ont appuyés contre vents et marées. Certains ont quitté l'établissement à un moment ou à un autre le visage couvert de larmes, brûlés par ce 400e que nous n'aurions jamais pu prévoir.
.
Mais les autres. Ce commis de la Casa Greque monté suiteur chez nous qui au lieu de gagner 30$ les bons soirs quittait chaque jour avec entre 160 et 300$ de pourboire?
.
Cette étudiante qui peut se permettre de payer comptant le prix de ses session a l'université Mc Gill et garder l'argent de ses prêts et bourses pour ne pas crever de faim?
.
Cet étudiant universitaire qui passera l'hiver loin du besoin avant de partir en vacances dans le sud cet hiver et en Asie ce printemps parce qu'il peut se le permettre?
.
Ce serveur qui travaillera toute l'hiver en Europe, sur d'avoir un emploi en revenant, loin de la pauvreté puisque même s'il ne fait pas un sous cet hiver de l'autre côté de l'océan il part avec 10 000$ en poche ?
.
Ce patron qui ferme un restaurant à l'automne après avoir engrangé plus de 400 000$ de profits clair en quelques mois sans même bouger le petit doigts?
.
Qu'est-il arrivé ?
.
Aucun d'entre vous n'a-t-il jamais roulé ces "cennes noires" pour manger?
.
Aucun d'entre vous n'a jamais découvert les 1001 usages des nouilles ramen pour faire 1001 plats diversifiés ?
.
Qu'est-il arrivé de la valeur de l'argent ?

13.8.08

Lassitude (Ceci n'est pas un Post)

Mes doigts sont posés sur le clavier, comme morts.
.
Avant hier est débarquée au resto un inspecteur du MAPAQ. Ministère de l'Agriculture, des Pêches et de l'Alimentation du Québec.
.
Le Jeune Homme venait d'arriver au resto, brûlé d'un autre week-end sans dessus-dessous, fracassant records de vente après records de vente, regardant entrer les milliers de dollars qui gonflent un peu plus chaque jour les poches des investisseurs et, par la bande, celles des employés.
.
Sa patronne, une femme dans la jeune cinquantaine au bout du rouleau d'un été qui n'en fini plus de pleuvoir, est passée a côté de lui en lui demandant d'aller s'occuper de la Dame.
.
Trois Heures. Trois heures passées avec l'inspectrice à faire le tour de l'établissement.
.
Raison de sa présence? Une plainte pour intoxication alimentaire déposée par un client de la veille. Plainte non-fondée, je tiens à le préciser. C'est fou comment le commun des mortels est incapable de différencier une intoxication d'une banale gastro. Dommage.
.
Mais l'inspectrice se devait de faire un suivi de la plainte. Dans son sarreau blanc, avec son filet a cheveux trop grand, elle fait le tour des cuisines, tentant de discuter avec un ou l'autre des cuisiniers débordés. Un des employé de cuisine n'est pas rentré travailler. Un serveur a "callé malade", le suiteur est arrivé en retard, le nouveau commis en formation est d'une incompétence crasse, c'est Bagdad version alimentaire.
.
Tout professionnel de la restauration vous dira qu'il est très difficile, voir impossible, de rencontrer les normes du MAPAQ. Il faut avoir une bonne équipe de cuisine, des employés bien formés, etc. Ce que nous n'avons pas.
.
Le rapport de l'inspectrice devrait arriver par fax aujourd'hui. S'en suivront de pénibles visites surprises. Foutu connard avec sa gastro.
.
Hier soir le Jeune Homme qui espère que sa dernière soirée avant son congé se passe sans remous. Who am I kidding ?
.
Le responsable de cuisine qui craque et quitte a moitié en colère, à moitié en pleurant, vers 19h00, après avoir joyeusement sauté sa coche dans le vestiaire en bas parce qu'il ne trouvait pas son sac, passant à tabac les cases des autres employés au passage, frappant dans les murs, lançant des objets qui ne sont pas sa propriété au travers de la pièce, faisant lever un vent de panique au sein de l'équipe de travail.
.
Jeune Homme avec une section pleine sur la terrasse qui se retrouve en cuisine a tenter de rassembler et tenir une équipe qui craque de partout, à bout de nerfs. Deux plats de pâtes, une pizza, un filet mignon, on sort de la cuisine, débarasse une table, prend une commande de dessert, ouvre une bouteille de vin, retourne en cuisine, deux Explosions Pommes-Caramel, une Paillarde de veau, un contre-filet 12oz Medium avec riz, un nougat glacé, retour sur la terrasse, une commande d'apéro, une carte de crédit, une autre bière, une petite blague à une cliente avec un clin d'oeil, une discussion avec l'hôtesse paniquée. "On arrêtes-tu d'en prendre" ? "Non, jamais. JAMAIS". On continue. Encore et toujours. Une pâte Carbo, une verdurette, un tilapia, deux saumons grillés, un gateau au fromage, une bouteille de vin, deux cartes des desserts, une corbeille de pain, quatres verres d'eau. Une gorgée de thé glacé. Une tape dans le dos d'un gars épuisé, un sourire. Une salade césar, une autre greque, un filet mignon, un linguine au crevettes, deux desserts enfants, une lasagne, une table a débarasser, une table à remonter, des clients a aceuillir, encore deux bières, expliquer et ré-expliquer le menu, répondre aux questions, sourire, marcher, réfléchir.
.
Qu'est-ce qu'on va faire sans responsable de soir?
.
Qui va faire la bouffe ? Jeune Homme qui cherche déjà comment trouver un remplaçant. Qui pourrait venir faire du 300 couvert le soir avec une équipe de cuisine aussi faible?
.
Et puis le temps s'est épuisé de s'étirer comme de la mélasse et l'heure de la fermeture est arrivée. Tous les employés, encore une fois, on fait un effort surhumain toute la soirée. Le close est fait à la vitesse de l'éclair, personne ne parle. L'ambiance n'est pas lourde, l'ambiance est lassitude. La Waitress Insatiable essuie un verre après l'autre dans l'office, face à une pile de supports à verre plus haute qu'elle. Patiemment, sans dire un mot, dans un silence troublé par le seule bruit de la machine a glace, elle prend un verre, l'essuie. Le lève vers le plafond, devant la lumière pour vérifier sa propreté et puis le dépose sur un cabaret. Et un autre. Et un autre. Encore un autre.
.
Le Suiteur alligne les tables de la salle a manger sans parler à personne. Le commis s'arrête par automatisme au bout de la range et lève le pouce pour signifier qu'elles sont bien placées. Personne ne parle.
.
Une serveuse ferme ses cartes de crédit sur le TPV. Un autre place les chaises une derrière l'autre sur la terrasse pendant que l'hôtesse sort par la porte de l'office avec les rouleaux de câbles pour les attacher. Tel une danse bien orchestrée tout se fait en silence, de lui-même.
.
Les caisses sont comptées, les côtes sont données, les lumières éteintes. Et puis tout le monde s'asseoit sur la terrasse, dans le noir, au milieu des câbles, avec une pinte de bière.
.
La soirée est enfin terminée.
.
Une petite heure à parler, a se féliciter. Tout le monde tien tout le monde. Les gens s'encouragent, soulignent les efforts des autres, se regardent parfois en silence avec un sourire dans les yeux.
.
Une fois encore ils ont réussi à passer au travers de la soirée.
.
Je suis tellement fier d'eux. Mais la lassitude s'installe. L'inertie de la situation semble impossible à modifier et le JEune Homme se demande comment il est concevable de se rendre au 30 octobre dans ces conditions de travail.
.
Il se le demande vraiment

22.5.08

D'la Broue dans le Toupet

Si vous saviez tout ce que j'aurais à vous raconter, ça fait juste pas d'sens. Mais bon. J'en ai pas l'courage. Pas l'envie pour être honnête.
.
C'est que c'est un Jeune Homme la Broue dans l'toupet que vous lisez présentement!
.
A cause ? A cause d'la job s't'affaire !
.
J'vous l'avais-tu dit que j'avais eu un poste de superviseur à mon resto d'été ? Oui? Non ? J'me souviens pas pis j'ai pas l'goût d'ouvrir une autre fenêtre internet pour aller vérifier. Entk. Si vous l'saviez pas, là vous l'savez !
.
Ben ouais­. Le Jeune Homme est enfin sorti du statut d'employé salaire minimum à pourboire. On m'a offert un ÉNORME neuf piasses de l'heure pour être superviseur, soit serveur responsable. Tu sers, pis quand yarrive une merde, tu ramasses. Simple de même.... En théorie.
.
Parce que là, ya un affaire que j'savais pas. Ou que j'savais pis j'y ai pas pensé. Ouan...P't'être plus ça !
.
C'est que le resto il ouvre officiellement le 1er Juin. D'ici là on sert les p'tits déjeuners le matin, plus service bar sur la terrasse l'après midi quand il fait beau.
.
Mais d'ici l'premier juin, ya quelques petits trucs a faire.
.
Genre refaire la carte des vins. Mais pour ça faut commander les nouveaux produits qu'on veut mettre. Pour les commander faut les choisir. Pour les choisir, faut savoir ce qu'il va y avoir sur le menu. Pour choisir ce qu'on va mettre sur le menu, faut avoir des cuisinier. Mettons qu'on en a pas pis qu'on fait comme si. Faut vérifier toute les recettes des plats qu'on sélectionne et s'informer des prix auprès des fournisseurs. Se taper les démo "regarde comme il est bon-moelleux-sensuel mon beau pain tranché". Pis faut savoir combien on va avoir besoin de chaque caliss de gugusse, en partant d'la tranche de pain au p'tit pot d'yogourt. Pis faut fixer les prix des trucs. Pis faut engager le staff. PIs faut monter les horaires en fonction des besoins de tous et chacun, faisant fi des notres.
.
Ça, c'est un échantillon.
.
C'est pas que c'est si gros que ça, c'est juste que c'Est du taponnage pis du zigonnage parce que TOUTE est inter-relié alors tu peux jamais faire UNE chose à la fois. De quoi virer fou. Surtout qu'on fait toute ça pour 4-5 mois, pas comme ceux qui habituellement font ça une fois pis après c'est fini pour toute la vie du restaurant.
.
Toute ça pour dire que j'suis un peu fatigué pis a boutte mais que c'est une foutu belle expérience. Pis juste pour voir Verbatim chanter "Je suis lady MARMELAAAAAAAAAAAAADE" avec un cup de confiture sur chaque nipple un beau mardi matin, ça vaux la peine de s'fendre le cul.
.
Allez, je vous laisse, j'm'en vais frencher avec ma bonne amie "bouteille de rouge" et ensuite hop! au lit!

8.5.08

FOUETTE MOI !!!

Bonjours Amis Lecteurs !
.
Tout d'abord, mes plus plates excuses ! Je sais que je vous néglige ces temps-ci mais, croyez moi, J'ai mes raisons, qu'elles soient bonnes ou mauvaises.
.
Cependant, suite à la demande impérative de Chucky, je me devais de vous donner des nouvelles de votre Jeune Homme favori.
.
Hey oui hey oui, le Jeune Homme cummule deux emplois par les temps qui courent. Debout pratiquement 7 jours semaine à 6h00 du matin, il ne revient chez lui que lorsque tous les chats sont gris, une fois sur deux.
.
Encore une semaine et il aura quittera définitivement sa job d'hiver ou l'ambiance est passée de sympa à glaciale depuis qu'il a démissionné. Un collègue de travail me l'avait bien dit, mais je ne l'ai cru qu'à moitié. "Celui qui part avant l'été, ben il pu. "
.
Par contre, ya du bon aussi. Du très très bon. Vous, Caro et Valerie-Ann qui êtes venues me rendre une fort gentille visite l'été dernier, vous allez être contente je crois.
.
Effectivement cet été le Jeune Homme ne sera pas serveur sur sa terrasse, bien qu'il fera du service temps plein.
.
On m'a offert un poste de superviseur.
.
Le Jeune Homme qui pour la première fois depuis des années aura un salaire de base supérieur au salaire minimum des employés à pourboire, dépassant peut-être même la barre des 300 $/2 semaine avec laquelle il flirte parfois lorsqu'il se laisse aller à l'over-time.
.
Et puis juste pour entendre Verbatim qui me demandait, que dis-je, qui hurlait dans mes oreilles hier soir à l'Ozone qu'il voulait que je le fouette cet été et qu'il était HORS DE QUESTION qu'il reparte de la job ne serais-ce qu'une seule fois sans marque partout partout sur son corps, ça en vaut la peine!
.
Alors je retourne à mes trucs, je reviens bientot et puis, venez me voir cet été, bande de petit coquin!
.
P.S.
Content Chuck ?

25.4.08

Ce Soir j'ai de la Peine

Ce soir j'ai d'la peine. Juste un peu, mais quand même.
.
Aujourd'hui, c'était fuck all.
.
Rentré au travail à 11h00 pour un double au Mur de Pierre au deuxième étage.
.
Une section de 60 place ou t'es tout seul de serveur et ou tu roules ta bosse à la "Ça va comme j'te pousse".
.
L'ordinateur du deuxième marchait pas.
.
La salle était montée avec déficience. Les tables dressées a peu près, une substance gluante et suspecte sur le bar, les tablettes vides. Rien n'était ou il devait être.
.
Le diner commence, des clients en veux-tu? en v'la !
.
Des mottés, des pauvres, des vieux, des touristes, rien d'payant. D'la masse pour peu d'cash.
.
L'ordinateur marche pas, le Jeune Homme doit descendre au rez-de-chaussé par le grand escalier en colimaçon pour pointer ses commandes.
.
Les pompes a bières marchent avec l'ordi, il doit couler ses bières en bas.
.
Un serveur 2 watt a débranché la bonbonne de CO2 de la machine a liqueur d'en haut pour remplacer la bonbonne d'en bas. Pas de liqueur en fontaine. Redescend encore en bas.
.
La cuisine jamme, rien fonctionne, rien sort. Les commandes qui arrivent pas, les clients qui s'impatientent.
.
Vite, vite. Le Jeune Homme court.
.
Le diner fini par passer. Alors qu'il devait terminer à 2h00, le Jeune Homme quitte le resto à 3h00.
.
Une bouffe rapide dans un resto qui se veut branché sur Grande-Allée avec des collègues et c'est le retour au travail.
.
À la course le Jeune Homme fini de faire tout ce qui aurait du être fait cette semaine au Mur de Pierre. On veut une ambiance, on veut un style, les effort doivent être fait.
.
Attend les clients. Personne. Attend encore. C'est mort.
.
Le Jeune Homme qui fait 16h00-20h00 au Mur de Pierre.
.
Descends au rez-de-chaussé à 19h45 pour dire à sa gérante qu'il ne prend plus de client.
.
La gérante qui monte une tablée de 5 a 20h10. Pas de place en bas.
.
Ensuite un 6. Ensuite un 2. Puis un autre 2. Puis un 4.
.
Le Jeune Homme qui s'épuise d'une journée qui ne fini pas, les jambes en feu, l'humeur massacrante.
.
22h20, le Jeune Homme quitte enfin la place. Il est fatigué, il est brulé. Il a démissionné hier.
.
Et puis le Jeune Homme qui est chez lui, minuit passé, et qui a un peu de peine.
.
Un peu de peine de ne pas retrouver en arrivant à la maison l'homme de sa vie qui se fait tant attendre.
.
Celui qui d'une caresse effacerait le calvair d'une autre journée merdique qui n'a pas sa raison d'être.
.
Un peu de lumière dans une vie pleine de saveur mais lourde de moments qu'on préférerait oublier...

19.4.08

The Bitch is Back... Again !

J'attends encore avant d'en parler aux autorités concernées, soit mes patrons.
.
Quoi que là, j'commence à me dire que je devrais plutôt m'magner les fesses et leur annoncer tout de suite ma trahison.
.
Hey oui, le Jeune Homme retourne sur sa terrasse cet été !
.
Fin mai-Début Juin vous pourrez revoir votre serveur préféré rouler sa bosse sous le soleil pesant de la Vieille Capitale, prêt pour un été du tonnerre, l'été du 400e de Québec.
.
Sauf que là, il doit d'abord démissionner de son autre job. Il se sent mal.
.
Le Jeune Homme aime pas démissionner. Il a l'impression d'un peu abandonner.
.
Et puis il sait qu'à quelque part c'est un peu vache pour ses employeurs actuels ce qu'il fait.
.
Attendez, je vous explique;
.
C'est que..
.
Bon, on va commencer ça par le côté smooth. Je serai pas le seul sur ma terrasse cet été. Je vous annonce en grande primeur qu'à mes côté le très déluré Verbatim affrontera la plèbe, sourire éclatant et lendemain de brosse exposés aux grand jour.
.
Mais.
.
Mais.
.
Ya pas juste Verbatim qui me suit. Une collègue de travail de mon présent emploi aussi viendra avec nous s'éclater sur la terrasse pour le meilleur et pour le pire, pour le cash et les coup de soleil, pour les touristes et les locaux.
.
Non seulement je quitte juste avant l'été, ce qui est déjà un coup dur pour un restaurateur, mais je pars aussi avec une de ses meilleure employée.
.
C'est peut-être aussi un peu de là que me viens mon sentiment de trahison.
.
J'tente de me consoler en me disant qu'elle serait parti pareil. Aussi bien la prendre avec moi. Et puis ma patronne à la terrasse avait l'air folle de joie de savoir que non seulement je revenait, mais j'apportais aussi mon staff avec moi.
.
Mais là, le Jeune Homme doit vraiment le dire à ses patrons. Avant que sa collegue ne le fasse. Ou que les deux autres serveurs qui quittent aussi prochainement n'annoncent leur départ. M'semble que ça va être moins dramatique si je suis le premier a demander mon 4 % que si je suis le 3 ou 4e...Non ?
.
M'enfin!
.
Alors les amis c'est un rendez-vous.
.
On se retrouve tous sur MA terrasse cet été pour prendre une drink en contemplant le château Frontenac !

8.4.08

Un Sourire

Le Jeune Homme était au resto où il travaille ce midi pour un quart de travail court à la rentabilité anémique. Deux pichets d'eau dans les mains il dansait, seul dans sa bulle, au milieu du bar.
.
Jusque là, rien de neuf sous le soleil!
.
Il a ensuite déposé ses pichets pour aller faire un brin de jasette avec l'hôtesse des mardi/mercredi midis, qui s'adonne aussi à être une étudiante en comptabilité en difficulté et une excellente coiffeuse à temps partiel, dans son salon, avec une bière et une clope.
.
C'est elle qui a coupée les cheveux du Jeune Homme pour le paradisiaque Bal en Blanc. Une coupe assez standard, avec une crête asymétrique du côté droit de la tête et quelques zig-zags en coche derrière la tête. La coupe de Monsieur/Madame tout le monde quoi !
.
Alors qu'il prenait rendez-vous de manière informelle pour faire rafraichir sa coupe lundi prochain la propriétaire du restaurant est descendue et s'est jointe à la conversation.
.
Dans un mood plutôt taquin le Jeune Homme s'est tourné vers elle avec un sourire à mille balles au visage, inquisiteur.
.
-Qu'est-ce que t'en dit patronne ? On pense me faire le côté gauche de la tête bleu et le côté droit rouge. Ce serait cool han ?
.
Patronne qui semble dans une bonne passe ces temps-ci pose son regard sur le Jeune Homme et lui offre un sourire carnassier qui pourrait facilement faire pâlir d'envie le tyranosaure de Jussarique Park.
.
-Ça d'l'air d'être une maudite belle couleur de ch'veux pour faire du chômage ça !
.
Et la patronne de virer les talons et de retourner dans le bureau sans un mot de plus.
.
Ya pas a dire, elle a le sens de l'humour ma patronne.
.
Ben.. m'semble là !

.

16.3.08

Garde-Manger

Depuis déjà longtemps j'ai changé l'orientation de mon blogue, sans heurt.
.
J'ai cessé de l'utiliser comme s'il était un journal intime, j'ai cessé de me mentir et de me dire que personne ne me lisait, j'ai cessé de croire que les mots que j'enfilais ici n'auraient jamais aucun impact sur ma vie ou sur celle des gens dont je parle.
.
J'ai cessé d'écrire "Ma vie/My life" et je me suis concentré sur le small talk et les faits cocasses.
.
Mais ce soir, j'ai envie de sortir une vieille histoire sans début ni fin qui implique moi, elle, lui et un autre.
.
Vous vous souvenez du début, la raison pour laquelle j'ai commencé à bloguer ?
.
C'est parce que je venais de perdre mon emploi. J'avais envie de tromper la solitude d'un chômage trop nouveau et trop vide de présence et de sens.
.
Le Château avait décidé de mettre la clé dans la porte de notre restaurant pour différentes raisons plus ou moins juste. N'y revenons pas, l'histoire a été vécu et est passée, qu'elle soit juste ou pas n'y change rien.
.
À l'époque j'avais des rapports particuliers avec l'équipe de travail de l'établissement. La majorité d'entre nous étions jeunes, plusieurs avaient peu ou pas d'expériences, nous étions choyés d'avoir eu des postes dans une entreprise avec autant de renommée. L'occasion était énorme pour nous tous.
.
Nous nous sommes donnés a fond, parfois jusqu'à 80 heures semaine, dormant sur place 1, 2, parfois 3 fois semaine, enchaînant les doubles quart de travail et les culbutes.
.
Du déjeuner au dîner en passant par les souper 5 ou 7 services et les banquets, nous touchions a tout et si la maladresse de notre jeunesse pouvait parfois nous nuire, elle était largement compensée par notre énergie, notre volonté et la synergie de notre jeune équipe.
.
Un des membre de cette équipe, un garde-manger un peu plus jeune que moi, était de ceux qui, jusqu'à la fin, on fait perdurer le mythe et la réputation de l'établissement.
.
Garde-Manger de titre peut-être, il faisait de tout. Des entrées froides et chaude au cuissons de viandes aux dessert, son imagination, sa débrouillardise et son ingéniosité nous étaient précieuse, nous qui fermions et avions de moins en moins de moyens et d'éléments en main pour satisfaire notre clientèle.
.
Il avait une copine, à laquelle il n'était pas fidèle.
.
Sans jugement aucun je dois dire que cela allait à l'encontre de mon système de valeur. Moi, ancien chum trompé puis dompé, je tolère mal l'infidélité, que je sois impliqué ou pas.
.
Il flirtait à tout vents, personne ne s'en formalisait. Moi non plus, jusqu'à un certain point.
.
Puis vint le jour ou j'appris qu'il était l'amant d'une de mes amie, aussi collègue de travail. Le secret était de taille, il devait être préservé pour l'équilibre d'un couple, d'un restaurant, d'une équipe.
.
Les jours se sont suivis et succédés, les nuits aussi. Les quart de travail, les nuits à l'hôtel, les beuveries au resto, un coup les portes et les stores fermés.
.
Il me faisait de l'oeil.
.
Lui qui avait une blonde, qui avait mon amie comme maîtresse, m'adossa un soir contre un mur pour me voler un baiser tout sauf chaste.
.
S'en suivi moult discussion avec l'amie en question, pas offusquée une seconde du geste du Garde-Manger, a peine surprise de cette impromptue bisexualité.
.
Les ragots courraient, les gens ne sont pas fous.
.
Ils voient, ils parlent.
.
Les mots courent.
.
Un jour la rumeur s'était épanouie avec une splendeur et un panache inattendues.
.
J'étais l'amant du Garde-Manger.
.
Mon amie fréquentait quelqu'un, il lui était commode que les gens croient que c'était moi "l'autre femme".
.
D'abord consentant je compris rapidement que ma réputation s'en repentait, ainsi que celle de l'autre.
.
Tromper sa blonde avec une fille, c'est masculin, tromper sa blonde avec un gars, c'est gay en christ.
.
Les soirées ont continuées à naitre et mourir, les quarts de travail à se succéder. Les beuveries aussi.
.
L'année s'en est allée, le resto a fermé ses portes et nous sommes tous parti chômer dans nos logements, endroit que nous avions trop peu vu au cours des derniers mois.
.
On s'est perdus de vue, recroisés parfois.
.
Ce soir au bar le Garde-Manger était là.
.
Il a quitté sa blonde durant les dernières fêtes. Célibataire, libre comme l'air, malheureux comme les pierres.
.
Pour la première fois depuis que nous nous connaissons nous sommes parvenus à avoir une discussion qui ne ressemblait pas à une game de battleship. Pas de touché coulé, pas d'interprétation abusive de chaque parole, chaque geste, chaque regard.
.
Quelques reproches, quelques excuses, plusieurs vérités. Deux personnes qui ne se comprennent pas et qui s'aiment bien, en dépit de tout.
.
Peut-être une forme perverse de respect.
.
On doit prendre un verre cette semaine. Le Jeune Homme se dit qu'il quittera probablement la table ce soir là un peu déçu, un peu plus instruit sur lui-même et la nature humaine.
.
Le savoir en vaut la peine.
.

22.2.08

Ces Divinités qu'on Voudrait ne pas Adorer

À cette heure ou les oiseaux ne chantent pas encore et ou le soleil n'est pas encore venu caresser la Vieille Capitale de ses doux rayons, un Jeune Homme se lève.
.
D'un pas tibutant il traverse le 6½, ramassant au passage un verre d'eau, et s'installe devant l'ordinateur.
.
Il est déshydraté. Dès le premier oeil ouvert il a su reconnaître les signes de ce vieil ami appelé "lendemain de veille". La bouche sèche, la langue collée contre la joue gauche, une douleur lointaine mais lancinante au fond du crane.
.
L'eau est fraiche dans sa bouche, dans sa gorge, dans son esto..
.
...BLEERG.. burp. BLLLLGGGICK.
.
Le Jeune Homme n'as pas viré de brosse hier. Il a bu 3 bières avec Coloc. D'où vient ce lendemain de veille impromptue et certainement pas bien venu?
.
C'est au pas de course que le Jeune Homme se précipite à la salle de bain pour un tête à tête trop matinal avec Mlle Crane, cette ami que l'on considère toujours comme la petite soeur qu'on a jamais vraiment rêvé d'avoir.
.
Quelques jets bien senti plus tard, le Jeune Homme est évaché sur le carrelage blanc et froid devant la toilette, le dos contre les armoires, une poignée de papier hygiénique dans la main, mouchant les derniers fragments de son souper d'hier soir encore coincés dans ses sinus.
.
La tête lui tourne. En fait, la pièce tourne. Le Jeune Homme qui replonge vers les profondeur jadis aseptisée de l'appareil sanitaire.
.
Et qui désespère.
.
Le Jeune Homme qui entre deux montée acides d'aliments from past time prends sa douche et s'habille.
.
Un dernière discussion brève mais intense avec l'Idole de porcelaine et le Jeune Homme change les papiers mouchoirs pour une salvatrice brosse à dent.
.
Étant en charge de l'ouverture du restaurant ce matin, il n'a pas la possibilité d'appeler pour dire qu'il ne rentrera pas. Son coeur sur la flotte et sa volonté chambranlante prennent donc la direction de la porte vers des heures et des heures de sourires pénibles, de perte d'équilibre et de plats aussi peu inspirants que fèves-aux-lard et oeuf-mirroir pour un avant-midi en enfer.
.
Lorsque la Déesse Gastro demande son tribut, nul n'y échappe.
.
Tenez-vous le pour dit !

15.2.08

Histoire de Gestion

Depuis son arrivé dans l'établissement ou il travaille depuis Décembre le Jeune Homme a profité du temps qui passe. Sans se presser il a roulé sa bosse et sa section doucement, sans effort. Pas une seule fois il n'a donné son 100 %, ne voyant ni la nécessité ni l'intérêt de le faire.
.
Étrangement il ne s'est jamais senti aussi apprécié par ses patrons. A défaut d'avoir un poste dans un établissement valorisant il se fait régulièrement féliciter ou remercier. Un baume fort bienvenue, les merci étant une denrée rare en restauration.
.
Depuis quelques semaines un poste de gérant est affiché sur un site de recherche d'emploi fort connu. La gérante de l'établissement, sur place 4 jours semaine, fait parfois des semaines de 60 heures. Épuisée, elle n'arrive plus a fournir entre les horaires, les groupes, le plancher, les embauches et congédiements, etc. Un deuxième poste de gestion s'est donc ouvert.
.
En fin d'après-midi, après un diner achalandé et fort rentable, avant de débuter une soirée ou les groupes d'étudiants et d'immersion s'entrechoquent sur le plancher et en cuisine, le Jeune Homme est sorti fumer avec sa gérante.
.
Ils ont parlé du restaurant, des autres employés. Ils ont parlé du poste de gérant qui est ouvert. De ce que cela impliquait, de ce qu'ils recherchaient.
.
Le Jeune Homme s'est avancé à démontrer un certain intérêt, voir un intérêt certain, pour le poste.
.
Il doit en parler à la proprio, pas à sa gérante. Cela ne relève pas d'elle. Il a avancé qu'il était peut-être trop jeune, objection balayée du revers de la main par sa supérieure.
.
Elle aime bien travailler avec le Jeune Homme. Ils ont une vision souvent semblable de la restauration.
.
Le Jeune Homme gérant d'un établissement à 23 ans ? Dans le Vieux Québec ?
.
Pourquoi pas.
.
De nouveaux défis, une nouvelle vision, nouvelles responsabilités.
.
Peut-être Dans la Capitale deviendra-t-ellle bientôt le blogue d'un jeune gérant de restaurant débauché, brûlé par l'action et les embuches quotidienne d'un établissement fort populaire, avec une tonne d'histoire à raconter.
.
Souhaitez moi merde, je vous en reparle !
.
Jeune Homme, Gérant. pourquoi pas !

9.2.08

Les Groupes

Le Jeune Homme doit parfois faire des groupes là ou il travaille. Son employeur, une femme intelligente aux yeux calculateurs, n'est pas stupides.
.
Le Jeune Homme est don payé 11$/heure lorsqu'il fait des groupes de jeunes, sans pourboire.
.
Inutile de vous dire la passion qui l'habite lorsqu'il voit sur son horaire un de ces quart de travail qu'il déteste tant.
.
Les jeunes, pas capables.
.
Non seulement ils sont laids, en plus ils sont mal élevés. Peu importe d'où il arrive, et je ne parle pas en ville mais bien en pays ou même en continent, c'est toujours la même chose.
.
Il y a toujours une table de petites anorexiques. Elles sont 3 ou 4, aspirent à être la prochaine Paris Hilton, et chipottent dans leurs assiettes. La table des "Can I have it without sauce?" (no...) "I wont have desert" (Don't care, just leave it on the table), "May I have more water ?" (AGAIN ?!?!)
.
Et puis, c'est toujours les mêmes conneries. Les jeunes qui dévissent les salières poivrières, qui mettent tout ce qu'il leur tombe sous la main dans leur verre à eau, pensant que je vais le ramasser alors que je le laisse dans leur fuckin' face toute la soirée, ça crie, ça bouscule, c'est pas foutu de rester assis, ça cochonne les salles de bain, ça ris de toi en pleine face. J'HAIS LES JEUNES.
.
J'en ai encore pogné un a dévisser une poivrière cette semaine. "What are you doing ?" "Nothing.." ( YEAH RIGHT!) "THE STOP DOING IT"
.
J'haïs ça les jeunes, j'vous l'ai tu dit ?
.
Et puis en plus ils viennent ici pour "Appwender la fraaançaisss".
.
Fek y veulent nous parler en Fraaaançaisss.. J'ai tu d'l'air d'un teacher moé?
.
HEY SODA !
.
Entk, c'était la coche de la semaine, J'viens de tomber en congé pour deux jours. Une chance, j'étais à un cheveux de l'homicide avec circonstances atténuantes !

2.2.08

Histoire d'Orgueuil

Le Jeune Homme est un Jeune Homme orgueuilleux, ne nous mentons pas.
.
Cette histoire d'orgueuil est une histoire de job. Quoi d'autre. Rien n'arrive de bien palpitant par les temps qui courent.
.
Le Jeune Homme ne sait pas trop quoi penser de son présent emploi. D'un côté il a ce qu'il voulait. Une job tranquille, qui paient les comptes à défaut de le rendre riche. Une place ou il ne se casse pas trop la tête, où il n'a jamais à donner son 100%. C'est peinard, il se la coule douce, il voulait un emploi comme ça.
.
Mais toute situation à ses deux côtés.
.
Le Jeune Homme ne trouve pas son emploi valorisant. L'argent lui manque, le défi aussi. Il a parfois l'impression d'être redevenu le serveur de resto familial he used to be dans son ancienne vie à Trois-rivières. Exit la grande gastronomie, bon retour aux enfants qui hurlent, aux cafés a 1.68 $ taxes incluse, aux personnes agées et aux ados. Bon retour au pourboire à 12 %, à la course pour chaque piasse, aux retour d'assiette et aux plats en direct. Bon retour aux déjeuners lève-tôt à 4.99$ et aux menus midi a 10 dollar par tête.
.
Adieu à la fierté d'un emploi, d'une formation, de ses compétences et de ses connaissances si chèrement acquises. Il n'a plus de fierté à nommer la place ou il travaille.
.
Est-ce normal ? Est-ce que le Jeune Homme est simplement gonflé d'orgueuil ou alors est-il seulement humain ? Il ne saurait dire.
.
Les jours passent, ils deviennent des semaines, puis des fois. La Vieille Capitale ensevelie sous la neige traverse l'hiver pas à pas et l'été pointera dans un avenir proche le bout de son joyeux nez.
.
Que fera le Jeune Homme ? Restera-t-il là, ou il a un poste a l'année, ou il se sait apprécié, ou il ne vit pratiquement aucun stress ?
.
Retournera-t-il sur sa terrasse, entre l'enfer et le paradis, étouffé par l'argent et baigné par la lumière du trop chaud soleil d'été ?
.
Que fera-t-il ? Que deviendra-t-il ? Il ne le sait pas.
.
Il voit poindre un dilemne qu'il redoute de résoudre parce que son coeur et sa tête se déchirent déjà sur ce qui sera le mieux.
.
Le plus sage ou le plus intéressant?
.
Que deviendra le Jeune Homme ?

31.1.08

Monsieur et Madame X

Le Jeune Homme travaillait à 11h00. Pour une raison que seul son cycle du sommeil déficient connait lorsqu'il s'est éveillé ce matin il a éteint le cadran et s'est assis sur son lit le temps de confronter la réalité d'une autre journée qui commence. Puis, il est tombé sur le dos.. Et il s'est rendormi du sommeil du (in)juste.
.
réveillé en sursaut a 11h00, il était sur déjà au travail ½ heure plus tard, avec déjà un téléphone à sa patronne, une douche, un rasage, une scéance hasardeuse de coiffure et deux verres de jus d'orange à son actif.
.
Il travaille en haut. La journée est tranquille, la semaine l'à été.
.
À midi et demi sa seule réservation arrive. Six personnes, têtes dirigeantes d'un collège privé de la Capitale.
.
Une des six convives, un homme mature a la présence imposante, parle sans arrêt, donnant l'impression d'offrir une conférence sur le thème "comment j'ai réussi ma vie" aux autres.
.
Il parle de son travail, de son cheminement professionnel. Il mentionne le fait qu'il a déjà travaillé au Collège Laflèche de Trois-Rivières, établissement que le Jeune Homme a fréquenté durant quelques trois ans.
.
Le Jeune Homme arque imperceptiblement un sourcil curieux. L'histoire commence à l'intéresser.
.
L'homme parle de son épouse qui travaille toujours au Collège. Madame X est titulaire d'un poste intéressant au sein de l'établissement.
.
Le Jeune Homme marque un temps d'arrêt alors qu'il verse une bière à l'homme en question.
.
Il connait Madame X. De vue, bien sur. Il comprend qu'il a souvent entendu parler de Monsieur X aussi.
.
L'air de la pièce semble soudainement plus froid. Le Jeune Homme a blanchi et d'une main aux tremblements maitrisés il termine de verser la bière.
.
Tel un observateur extérieur le Jeune Homme visualise la scène présente. Lui, l'homme, les autres. Il sait déjà ce qui va arriver. Il le sent.
.
Et naturellement Monsieur X commence a parler de ses enfants. Deux beaux grands garçons. Le plus Jeune a eu 19 ans en Décembre. Les mots "Je sais" se sont dessiné sur les lèvres du Jeune Homme a cette nouvelle bien qu'aucun son ne soit sorti de sa bouche.
.
Son plus jeune fils, le Jeune Homme le connait. Il a soudainement très chaud. Il sait que ses oreilles sont rouges bien que son regard soit fixe et que rien dans son attitude ne laisse transparaitre son trouble.
.
Son plus jeune fils, c'est Pepi .
.
Alors le Jeune Homme prie le ciel que ce dernier, qui a tant parlé de lui à son père, n'ai pas mentionné ou il travaille maintenant. N'ai pas montré de photo. Il ne souhaite rien de plus au monde que de ne pas être connu de cet homme qui aurait probablement bien des questions à lui poser.
.
À savoir qu'est-ce qu'il a fait à son fils pour qu'il soit gay, pour qu'il soit ce qu'il soit, qui il est. Pepi a beaucoup changé lorsqu'il a connu le Jeune Homme. La découverte d'un autre monde l'a poussé à la découverte de lui-même et a l'Expression de cette réalité nouvelle.
.
Et le Jeune Homme serait bien embêté d'expliquer tout ce qu'il n'a pas a justifier à un homme qu'il ne veut pas connaître.
.
L'homme a mangé. L'homme a quitté.
.
Le Jeune Homme a regardé Monsieur X descendre le grand escalier et retourner à sa vie avec un minuscule pincement au coeur face au souvenir perdu de cette brillante étoile filante qu'un jour pepi avait été dans sa vie.

27.1.08

Jeune Homme Crashed Ice

Peu avant 9h00 am, le Jeune Homme, entortillé dans ses draps frappait d'une main molle son cadran pour un autre 9 minutes de répit. Il savait qu'il aurait déjà du être sous la douche, routine du quotidien face à une journée chargée. Le Red Bull Crashed Ice allait battre son plein dans le Vieux aujourd'hui et le Jeune Homme était de service face aux 100 000 personnes attendues.
.
DRIIIIIIING!!!! DRIIIIIING!!!
.
Le Plus Petit de Nos Amis à l'autre bout du fil. Que fais-tu ? Je dors ! Tu travailles à 10? Ouais. Tu veux un lift? Why not ? J'arrive tout de suite? Dream on! Laisse moi le temps de prendre une douche! D'accord, j'arrive a 9h30.
.
Et le Jeune Homme était encore sous la douche lorsque LPPDA arriva. Un bonjour joyeux suivi de pas rapides vers le bureau où cet ami s'installa pour quelques minutes, prendre ses e-mails, pendant que le Jeune Homme finissait de se préparer, s'auto-félicitant d'avoir été sage la veille et de se lever (relativement) en forme.
.
Small talk et cigarette, le Jeune Homme arrive au resto. Il est prévu qu'il fasse un double shift aujourd'hui, 10-14/17-pré-fermeture, dans la salle au deuxième étage.
.
C'était sans compter sur le fait qu'en restauration il ne faut jamais rien prendre pour acquis.
.
Il n'avait pas encore enlevé son manteau que sa gérante l'informait qu'un petit changement avait eu lieu durant son absence. Ce matin il travaillerait dans la section 3-4. Le rez-de-chaussée du restaurant est effectivement divisé en trois sections. la section un, la plus proche de la porte, à droite de l'établissement, est la plus rentable. Toujours pleine, les clients s'y succèdent à une vitesse folle et seul les plus anciens et les plus compétents peuvent se permettre le luxe d'y travailler. Puisqu'il est dans les dernier rentrés, le Jeune Homme n'a que rarement la chance d'en profiter. la section 5, du côté gauche, est plus petite et certaines des tables qu'elle comprend plus difficile à rentabiliser. Proche de la porte de la cuisine, entre deux console de travail, les clients trouvent l'endroit bruyant. Lors d'une journée achalandée elle peut se révéler une mine d'or. Lors d'une journée tranquille, la jalousie de voir la section d'à côté no vacancy, elle se révèle un crève-coeur d'une remarquable qualité. La dernière section, la 3-4, est située au fond du restaurant. Anciennement deux sections maintenant fusionnée en une seule giga-division, elle est le plus difficile à faire marcher. Les clients se trouvent loin (loin de quoi? Mystère), les serveurs aussi. À des kilomètres de la cuisine, de la cafetière, des consoles de travail, des ordinateurs, un quart de travail dans la 3-4 se révèle rapidement être la version restaurative du marathon de Boston. Une journée à y travailler équivaut à faire la moitié du pourboire de celui ou celle qui aura la chance d'être dans la section 1. Triste réalité s'il en est une, la hiérarchie d'un établissement ne se conteste pas, avec ou sans raison.
.
Trois serveurs sur le plancher. La plus ancienne, machine à prendre les commandes et à garocher les assiettes, dans la section 1 avec 35 place assises. La plus jeune, nerveuse face à cette journée qui se promet haute en couleur, dans la section 5 ayant 32 sièges à sa disposition. Le Jeune Homme reposé et souriant, dans la section 3-4, vide de ses 46 places.
.
La journée avance, les clients arrivent, repartent. C'est une bonne journée. Une très bonne. Le resto roule bien, les clients arrivent à un bon rythme. Les sections sont pleines mais tout va bien. Occupés sans être débordés, les serveurs sont heureux. 11h00, puis midi. 13h00 le rythme accélère. 14h00 c'est la débandade. Les machines à café ne fournissent plus, la jeune fille qui fait la suite (apporte les assiettes aux tables) n'en peut plus des aller-retour incessants entre la salle-à-manger et la cuisine, n'en peut plus de beurrer des toast, n'en peut plus d'essuyer des verres et des ustensiles à la course. Les portes a battant de la cuisine qui tournent sans cesses laissent filtrer les éclats de voix des cuisiniers qui sprintent entre le four a pizza, les tables chaudes, tables froides, plaques et friteuses sur les deux étages.
.
Le Jeune Homme est a des milles du monde extérieur, isolé au confint de l'établissement. L'hôtesse ne vient dans sa section que pour porter des gens, les commis n'osent même pas y pointer le bout du nez. Il débarrasse et monte ses tables lui-même, installe les gens, explique les spéciaux, prend les commandes, préparer les boissons, prépare les desserts, fait payer les gens. Il explique encore et encore le mode de fonctionnement au Québec pour le pourboire en Français, en Anglais, en Espagnol.
.
Sourire scotché aux lèvres, il passe en boucle les mêmes quatre ou cinq blagues qui font éclater de rire les clients, passe en revue sans réfléchir les mêmes sujet de conversation, de la température au famueux Red Bull Crashed Ice, de l'achalandage marqué de la journée à la beauté du Vieux-Québec. Random service, Random play, Random fun.
.
À 14h00 il était sencé terminer pour ne recommencer qu'à 17h00. 15h00 arrive, il est encore là. 16h00 approche, aucune chance qu'il parte. Double-shift my ass. Ce sera un seul et unique long quart de travail.
.
Il a faim. Il a le goût d'aller fumer. Il sait qu'il a probablement envie d'uriner, mais son corps a depuis longtemps cessé de le harceler avec d'aussi futiles préoccupations lorsqu'il travaille.
.
16h15 un serveur prend la relève. À la vitesse de l'éclair le Jeune Homme termine ses dernières tables, alors que son sauveur prend les nouveaux clients. Fort d'une conscience professionnelle sorti d'on ne sait où le Jeune Homme monte aux troisième étage backstore et revient chargée de serviettes de tables, napperons, ketchups, mayo, sucre, café, etc. Il empli à craquer les différentes consoles du restaurant, s'assurant que les autres ne manqueront de rien.
.
Punché-out après s'être commandé une bouffe rapide, il enfile son manteau et sort sur la rue griller une clope qui, pompée trop vite, fait une longue carotte incandescente.
.
Il doit reprendre du service à 17h00, au deuxième étage, dans la plus grande des deux salles. Deux serveurs, 60 places assises, le "mur de pierre" attire une clientèle différente. Moins de monde, plus grosses factures, cette salle communique avec la cuisine par une monte-plat. Pas d'hôtesse, pas de commis, pas de suiteur. Les serveurs sont seul au monde. Ce soir il seront quatre. Deux par salle. Comme porté par le mouvement, les trois collègues de travail du Jeune Homme sont affairé tel des abeilles à monter les salles, préparer la mise en place, etc. Le Jeune Homme lui mange dans la plonge, son assiette sur un petit congélateur, assis sur une chaudière de margarine à côté de l'énorme malaxeur industriel.
.
à 16h40 la propriétaire de l'établissement vient le voir. Ils ont besoin de lui dans la salle, les clients arrivent, c'est la débandade.
.
Le Jeune Homme balance donc le restant de son pauvre repas à la poubelle, punch in, et reprend du service.
.
En restauration, on ne peut jamais prévoir.
.
à 18h00 les clients se font rare. Par la fenêtre il regarde la rue bondée. au deuxième, quelques tables, sans plus. Les autres serveurs n'ont pas eu sa matinée. Ils bougonnent à voix basse. Tout le monde compte sur cette fin de semaine pour compenser les faibles revenus du mois de Janvier. La déception s'annonce amère.
.
Le Jeune Homme tourne en rond, sert ses quelques clients. Sa patronne ne veut pas qu'il quitte avant 21h00, au cas ou...
.
C'est finalement un peu passé 22h00 que le Jeune Homme franchira pour de bon la porte de devant de son lieu de travail, disparaissant dans la foule compacte et altérée par l'alcool le froid et l'excitation, poussant ses pas vers deux jours de congé qu'il considère bien mérités.
.
Il est mieux d'en profiter. Le Carnaval de Québec approche à grand pas.

11.12.07

Spag Express

Le Jeune Homme était sorti la veille. Il n'avait pas bu plus que d'habitude, ce qui veut dire qu'il avait bu plus que de raison.
.
Il travaillait le lendemain, of course.
.
Chose plaisante s'il en est une, il travaillait au mur. Le mur, c'est le nom que les employés du restaurant ou il travaille ont donné à une des deux salles du deuxième étage. Seul dans sa salle, avec un monte-plat pour recevoir ce que la cuisine daignait lui octroyer, il roulait sa bosse tranquillement, sans déranger personne.
.
Les clients, peu nombreux, montaient le grand escalier en colimaçon et venaient s'installer. D'heure en heure ils arrivaient, mangeaient, quittaient.
.
En début d'après midi sont arrivé quelques uns des amis du Jeune Homme, question de le soutenir moralement, lui qui en avait plein son cul de travailler sur un lendemain de veille. Quelle charmante attention.
.
S'est aussi pointé, quelques minutes plus tard, une table d'asiatique. D'où en Asie ? Who knows... Who cares ?!
.
Six asiatiques entk.
.
Trois d'entre eux ont décidés de se taper un magnifique plat de spaghettis sauce maison. C'est pas mauvais il parait, quoi que j'ai pas encore eu la chance (?) d'y goûter..
.
Le monte-plat arrive au deuxième. Le Jeune Homme ouvre la trappe, et prends dans ses mains un premier plat de pâtes. Puis un deuxième. Ensuite le troisième.
.
Bordel, c'est qu'il est chaud ce plat !
.
Le Jeune Homme le remet dans le monte-plat et prend un liteau. Il reprend ensuite le 3e plat.
.
Plat qui glisse inexorablement de sa main pour accomplir un back flip qui aurait probablement eu sa place aux olympiques.
.
Les pâtes brûlantes sur la main du Jeune Homme.
.
Les pâtes brûlantes sur le rebord du monte-plat.
.
Les pâtes brûlantes qui, toujours inexorablement, glissent entre le mur et le monte-plat et disparaissent...
.
...Pour un aller-simple, retour grande vitesse, vers la cuisine. Au rez-de-chaussée.
.
bordel
.
BORDEL DE MERDE.
.
C'est que s't'enculé d'monte-plat, il est fermé en haut par quatre murs. En bas il est ouvert sur deux côtés.
.
On dira ce qu 'on voudra mais, un plat de pâtes, ça accélère de façon débile lors d'une chute d'un tout petit étage.
.
C'est du moins ce que j'en ai déduit lorsque je suis redescendu en bas pour constater l'étendue des dégâts.
.
J'imagine la force que l'impact a du avoir pour qu'un tout petit plat de pâtes de rien du tout puisse faire autant de saleté dans une cuisine.
.
Un des cuisinier m'a même dit qu'en 11 ans de travail pour cet établissement il n'avait jamais vu cela.
.
J'en déduit donc que je suis un être exceptionnel.
.
That's it !